La Chine a récemment imposé des taxes drastiques sur les produits laitiers européens, un geste qui démontre une stratégie de rétorsion économique et politique. Ces mesures, allant de 21,9 % à 42,7 %, visent spécifiquement le fromage, le lait et la crème, affectant directement les exportations françaises, dont les revenus annuels atteignent près de 600 millions d’euros. Cette décision s’inscrit dans un contexte tendu où l’Union européenne a récemment renforcé ses restrictions sur les véhicules électriques chinois, perçues comme une menace pour leur industrie.

Pékin justifie ces taxes en évoquant des subventions présumées aux producteurs européens, mais la chronologie et le choix des cibles suggèrent une logique bien plus stratégique. Le secteur laitier français, déjà fragile face à des crises internes (notamment la maladie de la dermatose nodulaire contagieuse), devient un symbole de cette confrontation. François-Xavier Huard, dirigeant de l’industrie laitière, dénonce une « attaque » qui pourrait menacer les exportations et aggraver les tensions déjà existantes avec le Mercosur.

L’Union européenne condamne ces mesures, mais reste prudente dans ses réactions. Les différences d’intérêts entre États membres exacerbent la situation : la France subit les conséquences directes, tandis que l’Allemagne bénéficie de protections accrues pour son secteur automobile. Cette incohérence empêche une réponse unitaire.

Bien qu’une voie diplomatique soit ouverte, le conflit illustre un affrontement plus large entre l’économie européenne et la Chine. Le choix du lait n’est pas anodin : il met en lumière les faiblesses structurelles de l’industrie agricole française et souligne les défis d’une économie française déjà sous pression. Les éleveurs, déchirés entre des politiques commerciales divergentes, deviennent les victimes collatérales de cette bataille économique.