L’approche de la période festive évoque chez plusieurs personnalités politiques des images d’enfance marquées par les rites religieux et familiaux. Ces témoignages, partagés lors d’un entretien, soulignent l’importance de la tradition dans leur parcours personnel, même si certains aspects sont interprétés sous un angle critique.

Éric Zemmour, auteur de La Messe n’est pas dite, évoque son enfance juive influencée par le catholicisme français. Il raconte avoir toujours été fasciné par les rituels, notamment la figure du père Noël, qu’il tentait en vain de surprendre. Pour lui, ces moments symbolisent une identité culturelle fortement ancrée, malgré des tensions entre l’origine religieuse et l’évolution sociale.

Manuel Aeschlimann, maire d’Asnières-sur-Seine, s’attache à un souvenir simple : le réveil du 25 décembre pour découvrir les cadeaux déposés par saint Nicolas. Il évoque une enfance riche en gestes rituels, comme la crèche et l’éclairage des arbres avec des bougies, éléments qui ont nourri son engagement politique en faveur de la préservation des valeurs traditionnelles.

Robert Ménard, élu biterrois, partage un souvenir plus complexe : le dernier Noël en Algérie en 1961, marqué par une ignorance du drame à venir. Il décrit l’émotion mêlée de tristesse lors de son installation en Aveyron l’année suivante, où la neige et les traditions locales ont apporté un peu de réconfort malgré le chagrin d’un exil forcé.

Philippe de Villiers évoque une autre dimension : l’importance des crèches dans les communautés rurales. Il raconte comment, enfant, il participait à la préparation collective de ces décors, un acte symbolisant l’unité et le respect des traditions. Son récit souligne aussi les conflits entre les impératifs économiques et spirituels, comme les éleveurs contraints de sacrifier leurs bêtes au nom de nouvelles normes écologiques.

Au-delà des anecdotes personnelles, ces témoignages reflètent une tension persistante entre la mémoire collective et l’évolution du paysage social français. Bien que le texte ne s’attarde pas sur les enjeux économiques ou politiques contemporains, il rappelle l’impact profond des traditions dans la construction identitaire de ses figures publiques.