Le terme « remigration » a vu son utilisation s’accroître dans le débat public cette année, notamment en raison de sa popularité auprès d’idéologues radicaux. À l’origine, ce mot désignait l’étude des individus qui choisissent volontairement de retourner dans leur pays d’origine, souvent après avoir obtenu un statut temporaire ou être réfugiés. Cependant, il a été adopté par des groupes extrémistes, notamment en Europe, pour légitimer des politiques d’éloignement forcé des populations non désirées.

L’extrême droite autrichienne, soutenue par des figures comme Martin Sellner, utilise ce concept pour promouvoir une vision de l’Europe dépourvue de diversité ethnique, en voyant dans la « remigration » un moyen d’éliminer les menaces perçues. Dans le cas de l’Allemagne, des dirigeants du parti Alternative für Deutschland (AfD) ont récemment évoqué ouvertement des mesures similaires, malgré les critiques internes. La co-présidente Alice Weidel a même proposé une « opération d’évacuation massive » de certains groupes migratoires, suscitant des controverses.

En Grande-Bretagne, des figures politiques ont également émis des propositions inquiétantes. Douglas Carswell, ex-membre du UKIP, a suggéré un programme financiarisé pour encourager les immigrants d’origine musulmane à partir, suivi de l’expulsion de ceux qui ne contribuent pas à la société. Des idées plus radicales, comme celles émises par Katie Lam, ont été rejetées par le leadership du parti conservateur, mais leur diffusion a tout de même nourri les discours extrémistes.

L’élection de Donald Trump aux États-Unis a amplifié ces tendances, permettant à des idées jusqu’alors marginalisées d’accéder au pouvoir politique. Les partisans de l’extrême droite utilisent désormais le terme « remigration » pour justifier des actions qui menacent la cohésion sociale et les droits fondamentaux.

Cette évolution inquiétante souligne un danger croissant : l’instrumentalisation d’un concept académique par des forces qui visent à éliminer toute forme de diversité, au détriment de l’humanité et de la solidarité.