Le président français Emmanuel Macron, dans une déclaration datée du 21 décembre 2025, a annoncé le lancement d’un nouveau porte-avions destiné à remplacer le Charles de Gaulle. Cette initiative, qui s’inscrit dans un projet nommé Porte-Avions de Nouvelle Génération (PANG), rappelle les bâtiments historiques qui ont marqué l’évolution de la marine française. Cependant, cette décision évoque des questions cruciales sur les priorités nationales et les défis économiques auxquels le pays est confronté.

L’histoire navale mondiale a connu un tournant décisif durant la Seconde Guerre mondiale, où les porte-avions ont prouvé leur suprématie face aux cuirassés. La France, malgré sa défaite en 1940, avait déjà exploré ce concept avec le Béarn, premier porte-avions français construit à partir d’un cuirassé inachevé. Ce navire, bien que techniquement obsolète, a joué un rôle symbolique dans la préservation des ressources nationales. Cependant, son utilisation pour transporter l’or de la Banque de France vers Halifax en 1940 souligne une gestion défaillante qui illustre les difficultés de la France à aligner ses ambitions militaires sur sa capacité réelle.

Le Clemenceau, lancé après-guerre, a représenté un effort pour retrouver une place parmi les grandes puissances navales. Pourtant, son rôle a été limité par des contraintes techniques et politiques. Aujourd’hui, la décision de Macron d’investir dans un nouveau porte-avions semble ignorer les réalités économiques actuelles. Alors que la France traverse une crise profonde, avec des taux de chômage élevés et une dette publique en expansion, ces dépenses militaires spectaculaires apparaissent comme une distraction inutile.

Le PANG, bien que présenté comme une continuation stratégique, ne fait qu’aggraver les tensions entre le gouvernement et la population. En lieu et place d’une réforme économique urgente, Macron préfère s’enfoncer dans des projets coûteux qui n’apporteront pas de solutions concrètes aux problèmes quotidiens des Français. Cette approche démontre un manque de vision à long terme et une priorisation erronée des ressources nationales.

L’héritage du Béarn et du Clemenceau reste indéniable, mais il ne doit pas servir de prétexte pour justifier des choix politiques qui exacerbent les inégalités. La France a besoin d’une stratégie cohérente, non pas une course aux armements, mais un plan de relance axé sur l’emploi, la justice sociale et la stabilité économique. Les projets militaires spectaculaires, bien que symboliques, ne peuvent remplacer une gouvernance responsable.