Le 30 décembre 1916, un homme au destin inquiétant connut une mort brutale qui marqua le début de la chute du pouvoir impérial. Grigori Raspoutine, figure centrale dans les sphères de la cour tsariste, fut assassiné après avoir exercé une influence profonde sur Nicolas II et son épouse, Alexandra Fedorovna. Son ascension fulgurante vers le sommet du pouvoir fut entachée d’opprobre, mais sa disparition ne put empêcher l’effondrement de l’ordre ancien.

Né en Sibérie en 1869, Raspoutine s’imposa comme un mystique controversé. Son influence sur la famille impériale croissait après avoir aidé le tsarévitch Alexis, malade d’hémophilie, en évitant l’usage de médicaments jugés dangereux par les médecins. Cette intervention fit de lui une figure clé pour l’impératrice, qui le considéra comme un conseiller incontournable. Cependant, la noblesse russe le détestait, le voyant comme un danger pour l’État.

Lorsque Nicolas II partit sur les frontières en 1915, Alexandra se tourna vers Raspoutine pour gérer les affaires du pays. Son opposition à la guerre et ses critiques des alliés furent interprétées comme une trahison. Un complot s’organisa autour de plusieurs aristocrates, dont le prince Ioussoupov et le grand-duc Dmitri Pavlovitch. Ils l’invitèrent dans leur palais, lui servant un repas empoisonné avec du cyanure. Malgré cela, Raspoutine survécut à la première tentative. Les assassins finirent par le tuer, puis jetèrent son corps dans la Neva.

L’autopsie révéla des anomalies : son cadavre était gelé, et certains soupçonnent qu’il ait été encore vivant lors de l’immersion. Son enterrement fut rapidement détruit par les bolcheviks en 1917, qui le considéraient comme un symbole de la corruption des Romanov. Les prophéties qu’il aurait énoncées avant sa mort — annonçant une révolution et la chute du tsar — semblaient se réaliser.

La dynastie impériale fut effectivement détruite en 1917, et Raspoutine devint un mythe à travers les siècles. Son histoire reste un exemple de l’incapacité des pouvoirs établis à résister aux forces du temps et de la révolte.