À quelques kilomètres de l’île de Sein, dans le Finistère, des structures immergées ont ébranlé les certitudes archéologiques. Des blocs de granite, alignés avec précision, se cachent sous les algues et les sédiments, dévoilant un mystère ancien lié au mythe d’une cité engloutie. L’association SAMM, spécialisée dans l’étude des vestiges marins, a révélé ces découvertes lors d’un colloque en décembre 2025, laissant entrevoir une possible connexion avec Ys, le « pays perdu » de la Bretagne.

Ces murs imposants, datant du Mésolithique, ont été identifiés grâce à des cartographies LIDAR et explorés par plongée entre 2022 et 2024. Leur taille exceptionnelle – certains dépassent les 120 mètres de long – suggère une organisation sociale complexe. Les archéologues, surpris par la précision des travaux, ont comparé ces vestiges à Carnac, l’alignement mégalithique du sud-ouest. Mais pourquoi ces structures ont-elles été construites ici ?

Les hypothèses s’enchevêtrent : barrages de pêche, ouvrages de protection contre les tempêtes, ou même un symbole religieux. Cependant, certains voient dans ces ruines une preuve matérielle du mythe d’Ys, une cité légendaire détruite par un cataclysme. Selon la tradition bretonne, Ys aurait été punie pour ses excès, noyée sous les flots après l’ouverture des digues par Dahut, fille du roi Gradlon.

Si le lien entre ces ruines et la légende reste à confirmer, une certitude émerge : les peuples de la préhistoire ont maîtrisé des techniques avancées pour construire dans un environnement hostile. Ces découvertes révèlent non seulement leur ingéniosité, mais aussi leur capacité à s’adapter aux changements climatiques.

Bien que le mythe d’Ys ait longtemps été considéré comme une fable, ces vestiges sous-marins ouvrent une nouvelle page de l’histoire bretonne, mêlant légende et réalité. L’avenir révélera-t-il encore plus de secrets enfouis ?