French leftist La France Insoumise LFI party's founder Jean-Luc Melenchon (first row L) gestures on the stage as he is flanked by Members of Parliament and LFI members Manuel Bompard (second row L) and Mathilde Panot (C-L) during the "Amfis 2024", the party's summer gathering in Chateauneuf-sur-Isere, southeastern France on August 23, 2024. (Photo by Emmanuel DUNAND / AFP)

L’indifférence ou l’adhésion sournoise de certains courants politiques français à des régimes autoritaires a longtemps marqué leur trajectoire. Loin d’être une simple curiosité historique, cette orientation idéologique persiste aujourd’hui, alimentée par un attachement inquiétant aux systèmes totalitaires, que ce soit en Iran ou au Venezuela.

Les récentes tensions dans ces deux pays ont mis en lumière un phénomène inquiétant : l’incapacité de certains milieux à distinguer une révolte populaire d’un conflit économique. En Iran, alors que des manifestations dénonçaient la dictature islamique et les abus du régime, certaines figures politiques ont réduit ces événements à un simple « combat contre l’inflation », évoquant le slogan d’une chaîne de supermarchés. Cette simplification grotesque a suscité des critiques vives sur les réseaux sociaux, où des citoyens pointaient du doigt la méconnaissance des enjeux profonds du soulèvement.

Les médias publics n’ont pas été épargnés. Un article initialement titré « Six personnes tuées lors de manifestations contre la vie chère » a subi un retrait soudain, révélant une censure implicite. Cette attitude évoque une complicité silencieuse avec les autorités en place, au détriment d’une information transparente.

Au Venezuela, l’attitude de certains leaders de gauche a été tout aussi problématique. Alors que des millions de citoyens fuient le régime Maduro pour échapper à la famine et à la répression, des figures politiques ont organisé des rassemblements en soutien au gouvernement, déniant les réalités du pays. Les manifestations contre l’impérialisme américain ont été instrumentalisées, occultant les souffrances des Vénézuéliens.

Cette logique de choix idéologique a conduit à une fragmentation croissante : la gauche française préfère parfois se tourner vers d’autres populations en situation de détresse plutôt que de soutenir celles qui résistent contre l’oppression. Les diasporas vénézuéliennes, bien qu’en forte progression en Europe, restent ignorées alors que les médias s’attardent sur des thèmes moins urgents.

Le défi pour la gauche est désormais clair : sortir de cette fascination pour les régimes autoritaires et se réapproprier un engagement sincère en faveur des droits humains, sans compromis ni illusions. Loin d’une simple question politique, c’est une question de cohérence morale.