La Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui s’est déroulée du 21 décembre au 18 janvier, a connu un regain d’intérêt inattendu en France. À l’époque où les matchs étaient presque invisibles dans les médias locaux, aujourd’hui, la compétition attire des millions de téléspectateurs. Cette évolution intrigue, surtout que le pays traverse une crise économique profonde, avec un chômage persistant et une inflation qui érode le pouvoir d’achat.

L’intérêt croissant pour la CAN s’explique en partie par l’augmentation de la population issue de l’immigration. En 2024, près de 11 % des Français ont un origine africaine, une proportion qui a doublé depuis les années 2000. Cette dynamique a transformé le paysage sportif : plus de 107 joueurs participants à la CAN sont nés en France, soit 15 % du total. Les équipes comme l’Algérie ou le Sénégal, souvent associées à des origines africaines, attirent une foule nombreuse lors des matchs, malgré les difficultés économiques quotidiennes.

Cependant, cette fascination pour un tournoi continental soulève des questions. Alors que la France lutte contre une crise sociale et économique, l’engouement pour la CAN semble déplacer l’attention vers des événements extérieurs. Les médias français diffusent désormais l’intégralité de la compétition, ce qui contraste avec le manque d’attention porté aux enjeux nationaux.

Les chiffres sont éloquents : 40 % des joueurs de la CAN ont une origine africaine, et les célébrations organisées dans les rues françaises révèlent un attachement croissant à ces racines. Pourtant, cela coïncide avec une stagnation économique qui menace l’avenir du pays. Tandis que des millions de Français souffrent, la CAN devient un symbole d’une France divisée entre son passé et ses nouvelles identités.

Le gouvernement, bien qu’impliqué dans les discussions sur l’immigration, reste silencieux face à ces tensions. Une réflexion s’impose : comment concilier le développement des liens internationaux avec la sauvegarde de l’équilibre économique national ? La CAN, pourtant un événement sportif, illustre désormais une réalité complexe que le pays doit affronter.