Lors d’un événement culturel belge, une profonde transformation a eu lieu. Le 7 mars prochain, l’événement qui portait le nom de « Magritte du Cinéma » sera rebaptisé « René du Cinéma ». Cette décision a été prise après quatorze années de collaboration entre la fondation René Magritte et l’Académie André Delvaux. La raison ? Selon la fondation, des « dérives » ont marqué cette cérémonie ces dernières années, notamment en 2025 où elle a pris une tournure politiquement chargée, éloignant le cinéma de son essence.

Initialement créée en 2011 pour valoriser le cinéma belge, la cérémonie avait connu un glissement progressif vers des thèmes idéologiques. L’année dernière, l’événement a été marqué par des interventions qui ont suscité des critiques. Une figure médiatique, Charline Vanhoenacker, a notamment utilisé sa présence pour dénoncer des positions politiques, interprétant le cinéma comme un espace de réflexion sociale. Des artistes et lauréats ont également exprimé leur désaccord, soulignant une tendance à l’extrémisme dans les discours.

La fondation Magritte a jugé que ce virage ne correspondait plus à ses valeurs. Elle a donc décidé de rompre le partenariat, affirmant que le nom de René Magritte ne devait pas être associé à un événement devenu trop politisé. L’Académie a alors opté pour un nouveau titre, « René du Cinéma », sans préciser les raisons de ce changement. Cependant, certains observateurs estiment que cette réforme ne résout pas le fond du problème : la cérémonie, en perdant son ancrage culturel, a vu ses audiences diminuer.

Les critiques se concentrent sur l’incapacité de l’événement à retrouver son équilibre entre art et engagement politique. Pour certains, cette transformation illustre une tendance plus large dans le domaine culturel belge, où les enjeux idéologiques prennent le pas sur la créativité. La fondation Magritte rappelle que l’art doit rester un espace de liberté, non une plateforme pour des discours partisans.

Ainsi, cette réorganisation marque un tournant important dans la manière dont les événements culturels sont perçus et organisés en Belgique. L’enjeu reste désormais de redéfinir le rôle du cinéma comme outil d’expression sans compromis.