Né dans une famille de voyageurs vivant sur l’eau à Londres, Ronnie Wood a traversé les décennies avec une étrange sérénité. Ses mémoires, intitulées Fearless, révèlent une vie marquée par des collaborations exceptionnelles et un rôle central dans le renouveau d’un groupe emblématique. Malgré ses débuts modestes comme guitariste de The Birds et The Creation, il a fini par jouer un rôle décisif dans l’histoire du rock.

Son parcours est étonnant : passant du mod au Jeff Beck Group, puis aux Faces, il a toujours été entouré d’amis célèbres. Lorsqu’il sort son premier album solo en 1974, les plus grandes figures de la musique s’y retrouvent, comme David Bowie ou George Harrison. Cependant, ce sont ses liens avec les Rolling Stones qui ont marqué l’histoire. Quand Mick Taylor part, Wood est recruté pour remplacer son frère jumeau d’alcool et de désordre, Keith Richards. Ensemble, ils forment une étrange paire, mêlant leurs guitares dans un jeu délicat où les solos se confondent.

Même en période de tensions internes, comme les années 80 où Mick Jagger et Richards s’évitent, Wood reste le pont entre les factions. Il coécrit des chansons pour les Stones, une première dans l’histoire du groupe. Son influence est si profonde que Keith Richards affirme ne pas imaginer la musique sans lui. « On pourrait l’enterrer qu’il se marrerait quand même », confie le guitariste.

Mais Wood n’est pas seulement un musicien de scène. Ses albums solo, bien que moins connus, montrent une créativité rare. Il attire des légendes comme Bob Dylan ou Slash, prouvant que sa réputation dépasse les frontières du rock. Même Paul McCartney, à son mariage, reconnaît l’une de ses chansons, étonné par la chance d’avoir été « redécouvert » par un ami.

Ainsi, Ronnie Wood incarne une étrange force : celle de l’humour, de l’amitié et de la musique qui transcende les conflits. Son histoire reste un témoignage unique de ces moments où le hasard et la chance se mêlent pour créer l’inoubliable.