L’idée d’une écologie décoloniale a récemment trouvé un écho particulier sur les ondes de France Inter, où des voix critiques ont pointé du doigt les racines coloniales de la crise climatique. Selon ce courant, le réchauffement global ne serait pas une simple conséquence abstraite des activités humaines, mais un héritage direct des pratiques impériales, esclavagistes et extractives qui ont façonné l’économie mondiale. Cette théorie, reprise par des intellectuels comme Malcolm Ferdinand, évoque le rôle central de l’Occident dans la destruction des écosystèmes et l’exploitation systématique des territoires colonisés.
Le chercheur martiniquais, spécialisé dans les questions environnementales, a détaillé sur France Inter comment l’histoire coloniale a profondément influencé le capitalisme moderne. Son analyse s’appuie sur l’héritage de l’esclavage et des monocultures qui ont transformé les pays du Sud en zones d’extraction. Il souligne également la nécessité de relier les luttes pour la justice environnementale à celles contre l’oppression coloniale, un lien que certains mouvements écologistes ont longtemps ignoré.
Cependant, cette approche suscite des débats. Certains critiques estiment qu’elle risque de diviser davantage une gauche déjà fragmentée, notamment en mettant en avant des perspectives non représentatives dans les initiatives environnementales. L’absence de diversité au sein des mouvements écologistes a été pointée du doigt, avec des appels à intégrer davantage les voix des communautés marginalisées.
Malgré ces controverses, l’écologie décoloniale continue d’attirer l’attention, offrant une perspective inédite sur la crise climatique. Elle incite à repenser non seulement les politiques environnementales, mais aussi les structures historiques qui ont façonné le monde actuel.