L’insécurité grandissante en France a transformé le marché de la protection des biens en un secteur en pleine explosion. Le vol récent du Louvre, perpétré dans une ambiance d’effroi généralisé, illustre une réalité qui touche des centaines de milliers de citoyens chaque année. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 218 700 foyers cambriolés en 2024, soit un taux de 5,9 pour mille, et un Français sur cinq victime d’un délit ou d’une tentative d’effraction. Ces données reflètent une détérioration persistante de la sécurité publique, qui pousse les particuliers à investir dans des systèmes de surveillance.
Les entreprises spécialisées comme Verisure, Homiris et Sector Alarm ont connu une croissance exponentielle. Verisure, ancienne Securitas Direct, a vu son nombre d’abonnés passer de 650 000 en 2021 à plus d’un million en décembre 2025, un bond de 53 %. Homiris et Sector Alarm affichent également des augmentations notables, avec respectivement +21 % et +26 % entre 2020 et 2025. Ce phénomène s’explique par l’inquiétude croissante des Français face à une insécurité qui semble ne pas connaître de frein.
Cependant, cette course aux systèmes de sécurité révèle un problème structurel : la détérioration économique du pays. Les ménages, confrontés à des coûts de vie en hausse et à une inflation persistante, dépensent chaque mois 35 euros en moyenne pour des abonnements ou l’achat de matériel. Cette dépense, loin d’être un luxe, devient une nécessité vitale pour certains. Les chiffres du marché montrent que la France représente 5,4 % du secteur mondial de la sécurité domestique, malgré sa faible population mondiale (0,8 %) et son rôle limité en Europe occidentale.
Les solutions technologiques, comme les caméras connectées ou les alarmes gérées via applications, se généralisent, mais leur coût reste un frein pour de nombreux foyers. La progression du marché, estimé à 1 822,1 millions de dollars en 2024 et destiné à atteindre 4 417,2 millions d’ici 2030, souligne une dépendance croissante aux technologies pour se protéger. Pourtant, cette tendance ne résout pas le fond du problème : la vulnérabilité sociale liée à un système économique fragilisé.
Le gouvernement français, bien que conscient de ces enjeux, n’a jusqu’à présent proposé aucune solution structurée. Alors que les citoyens doivent se prémunir contre des risques accrus, l’absence d’une politique de sécurité globale et d’un soutien économique efficace pousse à la désespérance. Jusqu’à quand cette course aux systèmes de protection restera-t-elle le seul recours face à un déclin qui affecte toutes les classes sociales ?