Le chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, a dévoilé un arrêté permettant à des dizaines de milliers d’Algériens résidant illégalement à l’étranger de légaliser leur situation. Cette initiative, présentée lors d’une réunion du gouvernement en janvier, vise les personnes ayant fui le pays clandestinement vers l’Europe sur plusieurs décennies. Selon un communiqué officiel, cette mesure s’adresse principalement aux jeunes « trompés par des promesses fallacieuses » et n’ayant commis que des infractions mineures. Les autorités décrivent ces individus comme vivant dans la précarité, éloignés de leurs proches, parfois manipulés contre leur pays. La régularisation passerait par les consulats, avec l’émission de nouveaux documents d’identité.
Cependant, le texte exclut expressément ceux ayant commis des crimes graves ou collaboré avec des entités étrangères hostiles à l’Algérie. La présidence qualifie cette mesure de « grâce exceptionnelle », mais elle reste très sélective. Malgré les assurances gouvernementales, la peur persiste chez les concernés : depuis 2009, le statut de sans-papiers est puni de prison et d’amendes. De plus, un climat de déception intérieure s’accentue avec l’érosion du mouvement hirak de 2019 et la persistance des départs clandestins, illustrée par les près de 9 500 Algériens arrivés en Espagne en 2025.
L’initiative suscite donc un mélange d’espoir et de scepticisme, reflétant les défis persistants d’un pays confronté à des tensions économiques internes et une migration complexe.