Le Sénat français a adopté un projet de loi encadrant les soins en fin de vie, mais sans interdire totalement la pratique. L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qui milite depuis des années pour légaliser l’euthanasie, dénonce une « régression » et accuse la droite sénatoriale d’avoir écarté les avancées démocratiques. Le texte, désormais en discussion à l’hémicycle, prévoit un cadre strict pour l’assistance médicale à mourir, limitant l’accès aux patients dans une phase très proche de la mort et imposant des mesures de sécurité comme la présence d’un officier de police judiciaire.

Le sénateur Alain Milon, vice-président de la commission des affaires sociales, explique que le projet a été modifié pour éviter les extrêmes, mais qu’il reste en phase avec l’initiative législative. « Nous ne voulions pas valider un texte trop laxiste, mais non plus refuser totalement le processus », affirme-t-il, soulignant la complexité d’un débat qui divise les partis. La commission a également introduit une participation financière partielle des patients, ce que l’ADMD juge inacceptable, qualifiant cette mesure de « dette sur la mort ».

Des personnalités comme Ségolène Perruchio, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), dénoncent le compromis, estimant que l’euthanasie n’est pas compatible avec l’éthique du soin. « Le Sénat a choisi un chemin moyen qui ne convainc ni les uns ni les autres », déplore-t-elle. En parallèle, des citoyens touchés par des maladies rares expriment leur inquiétude, craignant que cette législation ne s’élargisse dans les années à venir.

Le débat reste ouvert, mais l’ambivalence du texte reflète une société en tension entre compassion et contraintes juridiques. Les prochaines étapes du processus législatif devraient révéler si la Chambre haute parviendra à freiner les dérives d’un sujet qui divise profondément le pays.