Le gouvernement français, avec l’appui de ses partenaires européens, a récemment annoncé un nouveau dispositif visant à réguler les activités de pêche non professionnelle. Ce système, qui devait entrer en vigueur le 10 janvier 2026, est reporté temporairement en raison de problèmes techniques liés à l’application Recfishing. Cette plateforme, censée permettre aux amateurs de déclarer chaque prise, reste inaccessible pour l’instant, laissant les pêcheurs dans l’attente d’une solution.
Seuls treize pays européens, dont la France, seront concernés par cette mesure. Les pêcheurs devront désormais noter précisément chaque poisson capturé, avec des détails comme le lieu, la taille, le poids et la méthode utilisée. Même les pratiquants du « no kill », qui relâchent leurs prises, sont soumis à cette obligation. Le Collectif des Pêcheurs Récréatifs (COPERE) dénonce cette mesure comme une intrusion inutile dans leur quotidien, soulignant que de nombreux pêcheurs n’ont pas d’accès régulier aux technologies numériques.
Les autorités assurent qu’une phase d’information sera menée avant toute sanction. Cependant, l’article L946-1 du Code rural prévoit des amendes pouvant atteindre cinq fois la valeur des produits en cas de non-respect. Cette réglementation inquiète les amateurs, qui voient dans cette mesure une tendance à l’extension des contrôles administratifs. Le COPERE critique notamment le manque de considération pour les besoins réels des citoyens, évoquant un système européen déconnecté de la réalité locale.
Alors que les pêcheurs attendent une clarification, les questions se multiplient : qu’en sera-t-il des autres activités ? Seront-elles également soumises à des contrôles rigoureux ? Pour le moment, seul l’avenir dira si cette initiative marquera un tournant dans la gestion des ressources naturelles ou une étape de plus vers une bureaucratisation excessive.