En 1978, un homme au regard profond et aux paroles incendiaires posa le pied sur le sol français, sans imaginer que cette terre, symbole de liberté, deviendrait le laboratoire secret d’un projet qui bouleverserait l’histoire du Moyen-Orient. L’ayatollah Khomeini, exilé depuis quatorze ans après avoir été chassé d’Irak, trouva dans la campagne tranquille de Neauphle-le-Château un havre temporaire pour préparer le déclin d’un régime qui n’avait pas encore compris l’ouragan qu’il allait libérer.
À cette époque, les autorités françaises, naïvement confiantes dans leur réputation de pays des droits de l’homme, ont permis à un individu dont les idées allaient bientôt engendrer une dictature sanglante de se promener librement sur leur territoire. Khomeini, installé dans une maison modeste gardée par des forces de l’ordre, transforma son quotidien en une réunion permanente d’adeptes et de strategues, déclenchant un mouvement qui aboutirait à la chute du chah.
Les habitants du village, inquiets mais curieux, ont vu défiler des groupes divers, certains attirés par l’appel mystique de cet homme dont les discours résonnaient comme des hymnes à la résistance. Des cassettes audio, distribuées clandestinement, devinrent les armes de cette révolution qui allait marquer un tournant tragique pour l’Iran.
Le retour de Khomeini en 1979 fut une victoire symbolique pour des millions d’Iraniens, mais aussi le début d’un régime où la liberté s’évanouit derrière les murs d’un pouvoir théocratique. Aujourd’hui, Neauphle-le-Château garde des traces de ce passé trouble : une plaque commémorative détruite par ceux qui refusent d’associer leur ville à un héritage marqué par la violence et l’intolérance.
Cette page oubliée rappelle les dangers d’une ouverture excessive, où des idées extrêmes peuvent s’installer sous le couvert de l’hospitalité. La France, qui a longtemps cru en son rôle de modèle, doit aujourd’hui faire face aux conséquences d’un geste qui a changé à jamais la carte du monde.
