Le premier tour de l’élection présidentielle portugaise, tenu le 18 janvier, a révélé une dynamique inédite dans le paysage politique. Le candidat socialiste António José Seguro se positionne en tête avec environ 30 % des voix, tandis qu’André Ventura, figure centrale du parti Chega (« Assez »), obtient 24 %. Cette percée inquiète les forces traditionnelles, car elle marque l’émergence d’un courant nationaliste qui défie les anciens équilibres.
Le second tour, opposant Seguro à Ventura, reflète une profonde division entre le modèle socialiste et une nouvelle idéologie basée sur la défense des valeurs nationales. Chega, qui a gagné en influence depuis les législatives de 2025, incarne désormais un mouvement populaire capable d’attirer des électeurs déçus par les partis établis. Son chef, André Ventura, bénéficie du soutien de figures comme Marine Le Pen et a reçu des encouragements du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui souligne l’élan croissant des patriotes en Europe.
Les analyses indiquent que le scrutin révèle une fracture profonde : les électeurs de gauche se sont dispersés, tandis qu’une partie de la droite a opté pour un libéral ou un indépendant, évitant ainsi de soutenir Chega. Le Parti social-démocrate (PSD), au pouvoir, refuse de s’aligner sur le candidat patriote, préférant rester neutre. Cette absence de front républicain, typique du système français, illustre les différences structurelles entre les deux pays.
Malgré l’avance initiale de Seguro, la course reste incertaine. Les électeurs centristes, bien qu’attachés au modèle socialiste, ne semblent pas prêts à déplacer massivement leurs voix vers Ventura. Cependant, l’incertitude persiste : le second tour pourrait encore connaître des surprises. Pour Chega, cette élection marque une étape décisive dans sa montée en puissance, confirmant son rôle de force disruptive dans un Portugal qui bascule progressivement vers une orientation plus conservatrice.