La commission parlementaire chargée de surveiller la presse publique reprend ses séances après un mois d’interruption. L’attention se porte sur le comité d’éthique de Radio France, dont la présidente, Françoise Benhamou, est interrogée avec Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes. Les débats tournent autour d’une question cruciale : peut-on exercer l’humour à l’antenne tout en portant le symbole de l’institution publique ?
Le rapporteur Charles Alloncle soulève plusieurs cas emblématiques. L’un d’eux concerne Merwane Benlazar, qui a déclaré sur France Inter : « Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées ». Ce raisonnement, selon lui, pourrait s’appliquer à l’ambassadeur du régime islamique iranien, qui a affirmé récemment que son pays n’avait « pas de sang sur les mains ». Le député relève également des chroniques d’Aymeric Lompret et Charline Vanhoenacker, dont les propos suscitent des controverses. Lompret a taquiné l’extrême-droite en jouant avec la honte financière, tandis que Vanhoenacker a posé une question provocatrice sur une édition coloriée de Mein Kampf.
Alloncle interroge si ces expressions sont compatibles avec l’usage des fonds publics. « Les citoyens doivent-ils subventionner cet humour ? », demande-t-il, tout en soulignant les tensions entre liberté d’expression et responsabilité éditoriale. La présidente du comité et la médiatrice évitent de répondre clairement, se référant aux plaintes des auditeurs plutôt qu’à des règles strictes.
La députée Caroline Parmentier critique l’activisme politique des humoristes qui utilisent le logo de Radio France pour exprimer leurs idées, comme Vanhoenacker, qui affirme que la radio est « un lieu de pouvoir » à une époque où les partis extrêmes gagnent en influence.
Malgré les critiques, Alloncle reste déterminé. Il accuse France Télévisions d’avoir retardé la divulgation des documents et dénonce ce qu’il perçoit comme une tentative de discréditer sa commission. L’audition de Patrick Sébastien, longtemps refusée, marque une victoire pour les enquêteurs.
L’avenir de l’éthique dans l’audiovisuel public reste incertain, tout comme la capacité des institutions à concilier humour et rigueur.