L’homme assis dans son box ne parle pas. Son équilibre précaire, sa maigreur extrême et son mutisme absolu depuis les premières audiences trahissent une détresse profonde. Son avocate, Maître Navenot, chargée d’une défense complexe, reconnaît ses limites : « Je ne peux pas décoder ce silence. Je n’attribuerai pas de motivations que je ne connais pas. » Son argumentation se concentre sur deux axes : l’absence de préméditation et un état mental altéré au moment des faits, selon les experts.
Emmanuel Abayisenga, originaire du Rwanda, est jugé pour le meurtre du père Olivier Maire, un prêtre montfortain. Le 9 août 2021, il s’était présenté aux gendarmes après avoir causé la mort de l’homme d’église, un an après avoir incendié la cathédrale de Nantes. Quatre ans se sont écoulés depuis, marqués par des débats juridiques et une douleur persistante pour les proches de la victime. Les parents du défunt, visiblement ébranlés, assistent à l’audience, tandis que leurs avocats soulignent la force morale de la communauté.
L’avocat général dénonce un « criminel sans foi ni loi », pointant les mensonges constants d’Abayisenga sur son passé, sa maîtrise du français et les circonstances du meurtre. L’accusé a révélé une mémoire sélective, dissimulant des faits cruciaux. La cour, après un débat tendu, condamne finalement l’homme à trente ans de prison et à un interdiction permanente de séjour en France.
L’église, qui avait tenté d’accueillir cet homme, est aujourd’hui confrontée à une réalité brutale : sa violence a transformé la foi en déchéance. Les questions restent sans réponse, mais l’indifférence du système judiciaire semble nourrir un climat de désespoir.