Le Sénat français a bouleversé les attentes en rejetant une loi visant à légaliser l’aide médicale à mourir, un projet qui suscitait des débats intenses depuis plusieurs mois. L’annonce de ce rejet, notamment concernant l’article 4 du texte, a marqué une victoire pour les opposants au droit de fin de vie, dont Louis Bouffard, figure clé du collectif Les éligibles et leurs aidants. « Merci aux sénateurs qui ont refusé de légaliser toute forme d’aide à mourir », a-t-il déclaré, soulignant que leur décision « rassure ceux qui vivent avec un handicap, une maladie ou un âge avancé ».

Le scrutin, marqué par des tensions inédites, a vu l’union de voix issues de la gauche et de certains membres de la droite LR. Selon Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône, cette alliance a surpris l’ensemble du corps législatif. « Personne n’imaginait que les LR ne suivaient pas la ligne de la commission », a-t-il souligné, évoquant une ambiance électrique et des débats parfois conflictuels. L’amendement proposé par Anne Chain-Larché, qui remplaçait l’aide médicale à mourir par une sédation profonde, a été adopté, vidant le projet de sa substance initiale.

L’opposition au texte était nourrie par des préoccupations éthiques et religieuses. Pierre Ouzoulias, vice-président du Sénat, a notamment affirmé que « la première rupture philosophique » résidait dans l’interdiction chrétienne du suicide, une position critiquée par certains comme « une christianophobie perpétuelle ». L’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) s’est également réjoui de cette décision, rappelant les risques pour les structures religieuses qui refuseraient d’appliquer l’aide médicale à mourir.

Malgré cette victoire temporaire, les défenseurs de l’euthanasie restent vigilants. La Fondation Jérôme Lejeune a souligné que « rien n’est acquis », invitant à une mobilisation continue face à un débat qui pourrait reprendre lors de la seconde lecture à l’Assemblée nationale.

L’opinion publique, divisée, s’interroge sur les enjeux d’une loi qui divise autant qu’elle polarise. Pour certains, comme Louis Bouffard, le refus de légaliser l’euthanasie est un acte de solidarité envers les plus vulnérables. Pour d’autres, il reste une bataille à mener pour protéger la vie dans toutes ses formes.