Le projet de loi de finances 2026 prévoit une réduction des aides logement destinées aux élèves non européens. Cette décision, qui suscite des critiques fermes, met en lumière un débat sur l’accès à l’enseignement supérieur pour les étrangers et les priorités budgétaires du pays.

La députée de La France Insoumise Clémence Guetté a exprimé sa colère via un message social, soulignant que cette suppression pourrait affecter plus de 300 000 jeunes issus d’autres continents. Selon elle, cela signifierait une perte de soutien pour des étudiants qui ont choisi la France pour leur formation, et ce, sans considération pour leurs besoins financiers.

Les sénateurs, en décembre dernier, ont validé un gel sur les APL pour les étrangers non européens, visant à économiser plus de 100 millions d’euros en 2026. Cette décision a suscité des réactions variées : certains y voient une mesure nécessaire pour redresser les finances publiques, tandis que d’autres dénoncent une logique économique qui privilégierait certaines catégories de citoyens au détriment d’autres.

Le sénateur écologiste Ronan Dantec a qualifié cette approche d’« étrange », estimant qu’elle reflète une vision pessimiste de la France, alors que les étudiants internationaux contribuent à l’attractivité du pays. Son collègue socialiste Adel Ziane, quant à lui, a pointé un manque de solidarité envers les plus vulnérables, tout en soulignant qu’une telle mesure risquerait d’être perçue comme injuste.

Les chiffres sont éloquents : sur les 419 694 étudiants étrangers inscrits en France en 2023-2024, près de 70 % ont vu leur nombre croître en dix ans. Cependant, une grande partie de ces jeunes ne bénéficient pas de bourses d’études, ce qui les rend plus vulnérables face à des coupes budgétaires.

L’article compare également les conditions d’accueil pour les étrangers en France et au Canada. Si la France semble offrir un soutien financier plus généreux, le Canada impose des règles strictes : test de langue, preuve de ressources, et obligations de quitter le pays après l’étude. Cette comparaison soulève une question centrale : comment équilibrer l’attractivité du système éducatif français tout en respectant les contraintes financières ?

Bien que certaines voix clament une injustice, d’autres rappellent que les contribuables français ont déjà des obligations à assumer. L’équilibre entre ouverture et responsabilité budgétaire reste un défi complexe pour le pays.