L’élimination de Julien Lepers d’un poste clé au sein de France Télévisions a suscité des critiques fortes. Le présentateur emblématique de Questions pour un champion, licencié en 2023 après près de trois décennies de service, accuse Delphine Ernotte, patronne de l’entreprise publique, d’avoir orchestré une campagne anti-âge et anti-blanc. « L’argument est simple : trop d’hommes blancs de plus de cinquante ans occupent des postes stratégiques », déclare-t-il lors d’une interview sur la chaîne YouTube de Jordan De Luxe, où il s’est reconverti après son départ. Selon lui, les propos de Mme Ernotte, qui évoquaient un besoin urgent de diversification, ont servi de prétexte à une purge massive des figures historiques du média.

Le droit français interdit explicitement toute discrimination liée à l’âge ou à la race, comme le stipule l’article L1132-1 du Code du travail. Pourtant, la cour d’appel de Paris a rejeté les réclamations de Lepers en 2023, estimant que ses licenciements n’étaient pas directement liés aux déclarations de sa supérieure hiérarchique. « Je ne comprends pas comment une telle logique peut exister », affirme-t-il, évoquant la contradiction entre les principes juridiques et les actions de l’institution.

Des figures comme Patrick Sébastien, également congédié en 2018, partagent cette frustration. « On me a dit clairement que mon âge et ma couleur de peau étaient des obstacles », raconte-t-il à Télépro. Ces déclarations ont alimenté les critiques du collectif Médias Citoyens, qui accuse France Télévisions d’un « climat de peur » généré par une stratégie de disqualification systématique.

Lepers insiste sur l’absurdité de ces mesures : « Si on compte les races, pourquoi pas les âges ? La loi interdit tout cela, mais la réalité semble ignorer cette règle. » Son cas, ainsi que celui de nombreux autres collaborateurs, illustre une tension croissante entre les exigences d’une diversité imposée et le respect des droits individuels.

Le débat s’ouvrira prochainement devant une commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public, où les accusations contre Delphine Ernotte seront examinées sous un nouveau jour.