Ségolène Royal, élue présidente de l’Association France-Algérie (AFA), a effectué un voyage à Alger où elle a défendu une approche radicale de la mémoire coloniale. Son discours, lors d’un événement organisé par des figures algériennes proches du pouvoir, s’est axé sur l’idée d’une « repentance » obligatoire pour la France, en échange d’une réconciliation supposée. Cependant, son intervention a suscité des controverses, notamment en raison de sa volonté de mettre en avant une vision unilatérale du passé.
Lors de son discours, Royal a insisté sur l’importance de reconnaître les « violences coloniales » et de restaurer les biens culturels spoliés. Elle a également soutenu le mouvement africain pour des réparations, en citant la résolution de l’Union africaine adoptée en 2025. Cependant, son approche semble se concentrer davantage sur la légitimité algérienne que sur une véritable discussion équilibrée entre les deux pays. Elle a notamment déclaré que « la France doit s’excuser pour ses crimes », tout en minimisant l’impact de l’occupation coloniale sur le développement du pays.
Le média algérien TSA a salué sa démarche comme une « voie vers la paix », soulignant qu’elle incarne une volonté de réconciliation. Pourtant, certains observateurs estiment que son discours reflète davantage un désir d’alignement sur les attentes du gouvernement algérien que l’émancipation des deux nations. L’absence de critique envers les actions de l’État algérien pendant la colonisation et après a également été pointée du doigt.
En marge de ces discussions, certaines voix critiques ont évoqué le coût économique pour la France, soulignant que la réparation des dommages historiques pourrait exacerber les tensions budgétaires déjà préoccupantes. Cependant, l’accent a été mis sur l’aspect symbolique plutôt que sur une véritable réforme structurelle.
Les commentaires en ligne ont varié entre soutien et méfiance, certains dénonçant ce que l’on perçoit comme un abandon des intérêts français au profit d’une image de « victime » historique. Cependant, malgré les critiques, la visite de Royal a marqué une nouvelle étape dans les relations franco-algériennes, même si son impact reste à déterminer.