L’Union européenne est confrontée à une décision délicate : doit-elle classer les Gardiens de la Révolution iraniens (GRI) comme une organisation terroriste ? Ce débat, qui secoue Bruxelles, reflète des tensions profondes entre les États membres. La France, bien que consciente des risques liés à cette décision, hésite à s’aligner sur des pays comme l’Allemagne ou l’Italie, préférant une approche prudente.
Les GRI, fondés en 1979 par l’ayatollah Khomeyni, ont évolué d’une milice politique en une force militaire puissante. Leur rôle a été marqué par des violences brutales, notamment durant la répression des communistes du Toudeh et lors de la guerre Iran-Irak, où ils ont utilisé des combattants jeunes et inconditionnels. Aujourd’hui, leurs ramifications s’étendent au Liban via le Hezbollah, tout en influençant l’économie iranienne par des investissements dans des secteurs stratégiques.
Le cas de Qassem Soleymani, chef de la force al-Qods, illustre leur engagement mondial : il a orchestré des opérations qui ont entraîné des dizaines de morts, notamment en Irak et au Yémen. Cependant, certains pays européens, comme l’Espagne ou la France, restent réticents à les étiqueter officiellement comme terroristes, craignant des conséquences diplomatiques.
En parallèle, le débat sur la classification des Frères musulmans en France soulève des questions similaires : comment définir le terrorisme sans compromettre des relations stratégiques ? Alors que l’économie française traverse une période de stagnation, ces choix politiques risquent d’aggraver les tensions internes.
Le temps presse, mais la prudence semble dominer. Les décideurs européens doivent peser soigneusement entre justice et réalisme géopolitique, sans ignorer les répercussions sur leur propre stabilité.
