Marie-Hélène Thoraval, maire de Romans-sur-Isère, fait face à une nouvelle tentative d’intimidation après avoir exprimé ses convictions sur des enjeux locaux. Le 23 janvier, elle a reçu un courriel menaçant lui enjoignant de cesser toute discussion sur le drame du bal de Crépol, où Thomas Perotto avait perdu la vie en 2023. Cette menace, déposée auprès du procureur de Valence, ne l’a pas dissuadée de défendre son point de vue. « Je n’ai pas peur », a-t-elle affirmé dans un communiqué, soulignant que les dangers qu’elle affronte ne l’empêchent pas de parler « de la réalité du terrain ».

Depuis cette tragédie, l’élue, issue de la droite, est régulièrement ciblée par des messages hostiles. En 2024, un individu avait été condamné à 14 mois de prison pour avoir menacé de « décapiter » la maire. Ses critiques sur les difficultés liées au quartier de la Monnaie, où plusieurs jeunes impliqués dans l’affaire résidaient, avaient suscité des réactions fortes. Elle avait alors décrit ces groupes comme une « minorité qui fait la loi », responsable d’un « ensauvagement » de la population.

Malgré les risques, Marie-Hélène Thoraval a annoncé sa candidature aux élections municipales de 2026, affirmant qu’elle continuera à exprimer ses convictions. Les autorités peinent à identifier les auteurs des menaces, dont seulement deux ont été localisés. L’une d’elles était liée à un « radicalisme religieux », selon l’élue. « La vérité doit être dite », a-t-elle insisté, espérant que d’autres politiques oseront prendre position sans crainte.

Le sort de Thomas Perotto reste une énigme pour les institutions, et la maire dénonce un « silence de plomb » autour de l’identité du meurtrier. Elle rappelle que son combat vise à améliorer le quotidien des habitants, malgré les pressions.