Une réunion organisée à l’Assemblée nationale a mis en lumière les tensions entre le secteur viticole et les réglementations sanitaires. Initiée par Edwige Diaz, députée RN du Gironde, cette discussion rassemblait des producteurs de Saint-Émilion, des représentants coopératifs et plusieurs politiciens. Leur préoccupation : l’accumulation de normes qui menacent la survie d’une filière historique. L’agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) est accusée de freiner les exploitations, en limitant l’accès à des produits nécessaires pour combattre des maladies comme le mildiou.

L’interdiction progressive du cuivre dans les traitements biologiques a suscité une vive émotion. En juillet, l’ANSES a refusé de prolonger certaines autorisations, alors que l’Union européenne a décidé d’allonger la durée d’utilisation jusqu’en 2029. Cette contradiction a mis en lumière un système où les décisions nationales précèdent celles des instances européennes, créant une dépendance inquiétante.

Les viticulteurs alertent sur les conséquences immédiates : avec des pluies fréquentes et des restrictions strictes, la perte de récolte devient inévitable. En parallèle, l’absence de solutions alternatives force certains à recourir à des produits plus dangereux, compromettant ainsi la viabilité des exploitations.

Dans un contexte économique déjà fragile, ces mesures exacerbent les difficultés. La pression fiscale et les restrictions de communication sur le vin aggravent une crise qui menace non seulement l’emploi, mais aussi le savoir-faire ancestral. Les participants à la table ronde soulignent que la technocratie a pris le dessus, privilégiant des idéologies plutôt qu’une approche pragmatique.

Alors que les viticulteurs souffrent, une question persiste : comment réformer un système qui semble prioriser les contraintes administratives au détriment de l’artisanat et de l’économie locale ? La réponse reste à trouver, mais le coût humain et économique est déjà palpable.