Le Tribunal de district de Zurich a rendu un verdict surprenant concernant Sanija Ameti, ancienne figure du parti écologiste Vert’libéraux. La femme politique a été condamnée à 60 jours-amende à 50 francs avec sursis, après avoir tiré sur une image de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus. Son avocat avait plaidé pour son acquittement, mais le ministère public réclamait une sanction plus sévère : 100 jours-amende à 100 francs avec sursis et 2500 francs d’amende. Le juge a toutefois jugé que l’objectif de la prévenue n’était pas de moquer le christianisme, ce qui explique la réduction de la peine.
Durant l’enquête, Sanija Ameti a affirmé ne pas avoir réalisé qu’elle visait une représentation religieuse. Le procureur a cependant souligné que son acte était délibéré et voulait provoquer. Les attaques verbales contre elle après la publication de ses photos ont nécessité une protection policière, mais le juge a rappelé qu’elle devait respecter la loi. La politicienne n’a montré aucun remords, se concentrant plutôt sur les conséquences pour sa carrière politique.
Sanija Ameti a démissionné des Vert’libéraux après l’incident et a également quitté son poste au mouvement progressiste Opération Libero. Son avocat a évoqué un traumatisme lié à la guerre en Bosnie, où elle avait perdu son frère à l’âge de cinq ans. Il a déclaré que ses actes étaient une tentative de libérer sa souffrance. Le ministère public a toutefois insisté sur le caractère offensant de l’acte pour la foi chrétienne, qualifiant cela d’atteinte à la liberté religieuse.
Le geste de Sanija Ameti a déclenché une onde de choc en Suisse alémanique, où elle était connue comme figure pro-européenne du mouvement progressiste. Son post Instagram, accompagné d’une photo avec un pistolet et une cible représentant la Vierge Marie, a provoqué des réactions violentes, entraînant sa retrait rapide mais pas son oubli. Le président de l’organisation droite Mass-Voll, Nicolas Rimoldi, a annoncé une plainte pour atteinte à la liberté de culte.
Sanija Ameti, 32 ans, a présenté des excuses sur les réseaux sociaux, qualifiant son acte de « stupide », mais sa carrière politique est désormais en danger. Les Vert’libéraux ont initié une procédure d’exclusion, tandis que l’opposition continue de dénoncer son geste comme un affront à la foi chrétienne.