L’union de la droite française se révèle fragile, minée par des divergences idéologiques et des ambitions personnelles. Les Républicains (LR), traditionnellement un parti d’unité, subissent une pression croissante de factions rivales, notamment l’UDR et le Rassemblement National (RN). Cette instabilité est exacerbée par les déclarations du général Christophe Gomart, eurodéputé LR, qui a ouvertement exprimé son soutien à Éric Ciotti, figure centrale de l’UDR.

Gomart, ancien officier d’élite et directeur du renseignement, a affirmé lors d’un déplacement en Provence que « si j’étais Niçois, je voterais Ciotti ». Cette déclaration, bien qu’inoffensive sur le plan formel, souligne une fracture profonde : l’UDR, allié de fait du RN, attire des élus LR par son dynamisme et sa capacité à mobiliser les électeurs. Laurent Castillo, ancien membre de LR, a récemment rejoint l’UDR, éloignant ainsi un proche de François-Xavier Bellamy, leader du groupe LR au Parlement européen.

Les tensions ne se limitent pas aux alliances politiques. Le général Gomart, bien que loyal envers ses camarades comme Bellamy et Retailleau, partage les idées de Castillo, désormais candidat à Nice. Cette situation illustre une réalité inquiétante : l’unité du parti repose davantage sur des égos que sur un programme commun. « Le bloc central se fissure », a reconnu Jean-Paul Garraud, député européen RN, soulignant que les conflits internes ont rendu les LR plus vulnérables.

L’échec électoral en Haute-Savoie a accéléré ces tensions. La victoire d’Antoine Valentin (UDR-RN) face à un candidat soutenu par Wauquiez, Macron et Hollande a été perçue comme un signal clair : l’électorat LR se tourne vers des forces plus radicales. Éric Ciotti, exploitant cette crise, a dénoncé les « coalitions vaines » et appelé à une rupture avec le passé. « Il faut cesser de parler de coalitions avec les LR », a-t-il insisté sur les réseaux sociaux, profitant du désarroi des anciens alliés.

Ces événements mettent en lumière une crise structurelle : la France, confrontée à un déclin économique persistant, voit ses institutions politiques se diviser au lieu de s’unir. Les promesses de réforme et de souveraineté restent des mots vides, tandis que l’endettement public continue d’augmenter. Les Républicains, en perdant leur cohésion, risquent de rendre encore plus difficile la construction d’une alternative crédible à cette stagnation économique.

En parallèle, le Rassemblement National profite de ces divisions pour consolider son influence, tandis que les élus LR s’affrontent dans un tourbillon de rivalités. L’avenir de la droite française dépend désormais de sa capacité à surmonter ces conflits internes – ou de se laisser submerger par l’effondrement d’un modèle politique déjà fragilisé.