Dans un village de la campagne indroise, un petit monument religieux devient le centre d’une dispute qui éclaire les tensions actuelles entre tradition et modernité. À Villaines-les-Rochers, l’emplacement d’un calvaire près d’une école publique suscite une controverse inattendue, révélant des clivages profonds dans la société française.

L’histoire commence en 2009 lorsque le vent détruit un monument religieux installé sur un terrain privé. Ce dernier est ensuite réparé et remis en place par les autorités municipales, qui avaient acquis le site pour construire une école. Mais cette décision attire l’attention d’un collectif local, « Déplace ta croix », qui exige son déplacement au nom de la laïcité. Le groupe accuse les « idéologues rétrogrades » de vouloir imposer des symboles religieux dans l’espace public, alors que la loi de 1905 interdit explicitement cela.

Le maire Jean-Pierre Houbron, interrogé par des médias locaux, explique que le calvaire n’a jamais été un objet de conflit avant sa réinstallation. « Le propriétaire avait demandé à ce qu’il demeure là », affirme-t-il, soulignant l’absence de protestation populaire. Cependant, les militants du collectif persistent, s’appuyant sur des arguments juridiques pour justifier leur demande.

L’association SOS Calvaires, qui entretient ces monuments historiques, défend le calvaire comme un élément du patrimoine local. Son directeur, Louis Guéry, souligne que l’édifice n’a jamais été contesté avant sa réinstallation et critique les « petites associations » qui se donnent des airs de justiciers. « Le débat n’est pas religieux, mais juridique », précise-t-il, tout en notant qu’un éventuel transfert du calvaire vers un terrain privé pourrait résoudre le conflit.

Sur les réseaux sociaux, les internautes partagent des avis contrastés. Certains dénoncent l’absurdité de la polémique, soulignant que les vrais enjeux (pouvoir d’achat, sécurité, éducation) sont ignorés. « Ces symboles font partie du paysage », écrit un utilisateur, tandis qu’un autre rappelle que l’espace public appartient à tous.

Le collectif « Déplace ta croix » semble prêt à aller jusqu’en justice pour défendre sa cause, mais la municipalité reste silencieuse. L’avenir de ce calvaire restera donc un miroir des tensions entre mémoire collective et idéologies modernes. À suivre…