Lundi 3 février, le parquet a formulé une condamnation de cinq ans d’inéligibilité, quatre ans d’emprisonnement et une amende de 100.000 euros contre Marine Le Pen, sans toutefois imposer l’interdiction immédiate qui aurait bloqué ses projets politiques. Depuis le 13 janvier, un procès à Paris traite les accusations portées contre des assistants parlementaires du Rassemblement National. Pour la députée du Pas-de-Calais, ce jugement représente une épreuve intense, alors que son avenir reste suspendu aux décisions des magistrats. Une condamnation confirmée pourrait mettre fin à ses ambitions présidentielles, malgré un pic de soutien populaire inédit.

Lors de l’audience, les procureurs ont insisté sur la responsabilité pénale des accusés, soulignant une « organisation structurée » liée au parti. Ils ont dénoncé le détournement des fonds publics, en particulier pour Marine Le Pen, qui aurait géré des contrats de 474.000 euros avec quatre assistants. Les juges ont pointé un climat de méfiance envers la justice, interprété comme une tentative d’empêcher l’accès au pouvoir par les dirigeants politiques.

L’absence d’exécution provisoire a été perçue comme un signe de modération, mais la menace d’une interdiction définitive persiste. Si la cour d’appel valide les recommandations du parquet, Marine Le Pen ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle. Cependant, elle pourrait encore recourir en cassation, risquant un suspense jusqu’au premier tour. Cette incertitude pourrait affecter sa campagne, bien que son mouvement continue de mobiliser ses bases.

L’avocat de la députée a souligné une évolution dans le traitement des accusations, notant une absence de criminalisation immédiate. Cependant, l’avenir reste incertain pour un parti qui s’efforce de maintenir son influence malgré les défis juridiques.