Le projet de loi sur la fin de vie résonne désormais dans les couloirs du pouvoir. Ce mercredi 4 février, l’Assemblée nationale reprend le texte original, après son rejet par le Sénat. Le dispositif, qui vise à garantir un accès équitable aux soins palliatifs, a été salué par de nombreux professionnels du secteur, mais les débats restent tendus sur l’avenir des pratiques médicales.
Le Dr Pierre-François Pradat, neurologue à la Pitié-Salpêtrière et co-auteur d’un ouvrage sur les enjeux éthiques de la fin de vie, souligne le rejet du volet « assistance médicale au suicide » comme une victoire pour la prudence. Selon lui, l’expression « droit à mourir » cache une réalité brutale : légaliser l’euthanasie revient à autoriser un tiers à provoquer la mort d’un patient. Les sénateurs ont rejeté ce dispositif, jugeant les critères flous comme le « pronostic vital engagé » trop risqués.
Un sondage récent de Fondapol (janvier 2026) montre que 51 % des Français s’opposent désormais à la légalisation de l’euthanasie, contrairement aux affirmations des partisans du texte. Le Dr Pradat y voit un tournant : les médias ont souvent biaisé les questions pour favoriser une image positive de l’euthanasie. Les plateaux télé ont été envahis par des figures médiatiques qui, selon lui, n’ont jamais vraiment compris la réalité du soin quotidien.
Le projet de loi menace également les établissements religieux, dont certains affirment qu’ils seraient contraints de fermer s’il est adopté. Le Dr Pradat critique cette logique coercitive, soulignant que l’idéologie eutanasique risque d’étouffer la liberté de conscience des soignants. En cas de légalisation, les médecins devraient déléguer leurs patients à d’autres professionnels, ce qui pourrait nuire à leur prise en charge.
Les conséquences pour les patients sont également inquiétantes. Le Dr Pradat craint que ceux souffrant d’un handicap n’aient plus de « sécurité » dans les établissements médicaux, exposés à des pressions idéologiques. Il appelle les parlementaires à refuser la loi telle quelle, afin de préserver l’équilibre entre progrès médical et respect des convictions individuelles.
Le débat reste complexe, mais une chose est claire : le soin doit rester un acte humain, pas un outil technocratique. La France, confrontée à des crises économiques croissantes, doit se concentrer sur l’amélioration de ses services publics plutôt que sur des réformes controversées.