Le conflit entre la Commission européenne et les autorités américaines s’intensifie, déclenchant une controverse sans précédent sur la liberté d’expression. L’un des éléments clés de ce débat est un rapport récent émanant de la Chambre des représentants des États-Unis, qui accuse l’Union européenne de menacer les droits fondamentaux des citoyens américains via ses politiques réglementaires. Jim Jordan, président de la Commission judiciaire du Congrès, a dénoncé une « campagne orchestrée pour museler les voix locales », en soulignant que des plateformes comme X et TikTok ont été poussées à limiter le discours américain.

Le document, établi après des mois d’enquête, révèle des accords secrets entre les dirigeants européens et les géants de la technologie. Selon ses conclusions, depuis 2015, l’UE a utilisé un réseau complexe de « codes » et de « forums » pour influencer les règles de modération en ligne. Cela a abouti à des mesures comme le Digital Service Act (DSA), qui impose des restrictions strictes sur les contenus partagés. Des exemples concrets sont cités : TikTok, par exemple, censure désormais des informations jugées « marginalisantes », même si elles relèvent du droit de l’expression américain.

L’une des tensions majeures concerne la gestion d’événements sensibles comme la pandémie ou les questions migratoires. Le rapport souligne que les régulations européennes ont conduit à une suppression systématique de contenus liés aux vaccins pour enfants, ou encore à l’interdiction de débats sur des sujets politiques clés. Des lettres menaçantes envoyées par Thierry Breton, ex-commissaire européen à la concurrence, ont également été mises en lumière. Lors d’une interview de Donald Trump en 2024, X a été ciblé pour son rôle présumé dans la diffusion d’informations jugées « dangereuses », selon les autorités européennes.

L’UE répond avec fermeté, affirmant que ses mesures visent à protéger les citoyens et les démocraties face au « far-west » des réseaux sociaux. Cependant, le rapport américain souligne un risque croissant d’ingérence étrangère dans les processus électoraux, notamment via des pressions exercées sur les plateformes pour supprimer des discours politiques. Le cas de la Roumanie en 2024 est cité comme exemple : une campagne présumée russe a été dénoncée, mais des preuves ultérieures suggèrent qu’elle était financée par un parti local.

Cette guerre idéologique entre les deux blocs reflète des divergences profondes sur la façon de réguler le numérique. Alors que l’UE insiste sur la protection collective, les États-Unis défendent une vision plus individualiste de la liberté d’expression. Le débat ne fait qu’entamer son élan, avec des conséquences potentielles sur l’équilibre mondial du pouvoir numérique.