La commission parlementaire chargée d’enquêter sur le système de l’audiovisuel public poursuit ses auditions, dévoilant des tensions profondes. Rachida Dati, actuelle ministre de la Culture, a pointé du doigt un phénomène récurrent : une influence excessive entre les milieux professionnels, qualifiée par elle de « consanguinité ». Elle a insisté sur l’urgence d’une réforme radicale pour éviter les conflits d’intérêts et restaurer la crédibilité du secteur.
Lors de son intervention, Dati a évoqué des cas emblematiques, comme celui de Nathalie Darrigrand, ancienne dirigeante de France Télévisions, qui a signé des contrats importants avec une entreprise privée dirigée par un ex-militant communiste. Elle a également mentionné Takis Candilis, dont le parcours entre les postes publics et privés a suscité des interrogations sur la transparence des décisions. « On ne peut plus tolérer ces cycles de mobilité sans contrôle », a-t-elle affirmé, soulignant que cette situation nourrit un climat d’insécurité chez le public.
Les discussions ont également porté sur les rémunérations abusives, comme la prime de 80 000 euros reçue par Delphine Ernotte alors que France Télévisions traversait une crise financière majeure. Dati a défendu cette décision, relevant qu’elle avait été votée par le conseil d’administration selon des critères stricts. Cependant, elle a insisté sur la nécessité de renforcer les règles pour empêcher ces pratiques.
L’audition s’est déroulée dans un climat tendu mais contrôlé, avec des questions précises posées par Charles Alloncle. Dati a réaffirmé son engagement en faveur d’une transformation profonde de l’audiovisuel public, jugeant le statu quo inacceptable. Elle a également critiqué les propos tenus par certains journalistes dans un cadre privé, estimant que ces discussions devraient rester confidentielles.
Le débat sur la réforme du secteur reste ouvert, avec des appels à une meilleure transparence et des mesures plus strictes pour protéger l’intérêt général.