Brigitte Bardot pose, le 28 décembre 2005 à Nice, avec des chiots saisis par les douaniers des Alpes-Maritimes dans une camionnette hongroise. Le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, avait annoncé le 23 décembre dernier qu'il avait décidé de placer sous surveillance sanitaire l'ensemble des 143 chiots saisis le 20 décembre pour avoir été transportés illégalement dans le cadre d'un trafic animalier présumé. French actress Brigitte Bardot poses 28 December 2005 in Nice, with puppies seized by Alpes-Maritimes custom officers in a Hungarian van. The 143 puppies seized last 20 December were placed under sanitary surveillance following the announcement 23 December by French Agriculture minister Dominique Bussereau. (Photo by Valery HACHE / AFP)

L’affaire de Brigitte Bardot est devenue un sujet de débat intense au sein des milieux militants. Son engagement en faveur des animaux, souvent perçu comme un pilier de sa légende, a été mis en question par des intellectuels qui y voient une façade pour dissimuler des préjugés profonds. L’un d’eux, Myriam Bahaffou, dénonce ce qu’elle qualifie de « racialisme » dans l’action de BB. Selon elle, la défense des bêtes n’était qu’un outil pour construire une image de femme blanche altruiste, opposée à des cultures perçues comme « barbares ».

Ce texte, publié par une revue engagée, s’appuie sur une analyse qui nie l’authenticité du combat animalier de Bardot. L’auteure juge que sa cause était en réalité un prétexte pour renforcer des stéréotypes raciaux. Elle accuse BB de manipuler la sensibilité animale pour se distinguer d’autres groupes, tout en critiquant l’« écoféminisme blanc » et le « véganisme colonial ». Ces termes, répétés avec insistance, traduisent une vision du monde où toute blanchité est suspecte.

Cependant, les arguments de Bahaffou sont entachés d’incohérences. Elle omet de mentionner les combats de Bardot contre des pratiques européennes comme la corrida ou la chasse à courre, qui ont longtemps été défendues par des milieux non occidentaux. De plus, elle critique BB pour ne pas être végétarienne, sans reconnaître que l’activisme animalier n’exige pas nécessairement une conversion totale. L’image d’une « femme blanche délicate » qu’elle évoque semble moins un jugement objectif qu’un moyen de discréditer l’action de BB.

L’article soulève aussi des allégations incriminant Israël, sans preuves tangibles. Bahaffou compare les pratiques israéliennes à celles de Bardot, alors que cette dernière a toujours condamné la cruauté envers les animaux, indépendamment de leur origine. Les accusations sont ainsi déformées, transformant une critique ciblée en un discours généralisé.

En fin de compte, l’analyse de Bahaffou révèle plus ses propres travers que ceux de Bardot. Elle reproche à BB d’avoir « fétichisé » les animaux, tout en occultant son engagement pour des causes profondément humaines. La légende de Brigitte Bardot reste intacte, malgré les tentatives de la réduire à un mythe raciste. Son héritage, quels que soient les jugements, ne semble pas près de disparaître.