L’affaire de Brigitte Bardot est devenue un sujet de débat intense au sein des milieux militants. Son engagement en faveur des animaux, souvent perçu comme un pilier de sa légende, a été mis en question par des intellectuels qui y voient une façade pour dissimuler des préjugés profonds. L’un d’eux, Myriam Bahaffou, dénonce ce qu’elle qualifie de « racialisme » dans l’action de BB. Selon elle, la défense des bêtes n’était qu’un outil pour construire une image de femme blanche altruiste, opposée à des cultures perçues comme « barbares ».
Ce texte, publié par une revue engagée, s’appuie sur une analyse qui nie l’authenticité du combat animalier de Bardot. L’auteure juge que sa cause était en réalité un prétexte pour renforcer des stéréotypes raciaux. Elle accuse BB de manipuler la sensibilité animale pour se distinguer d’autres groupes, tout en critiquant l’« écoféminisme blanc » et le « véganisme colonial ». Ces termes, répétés avec insistance, traduisent une vision du monde où toute blanchité est suspecte.
Cependant, les arguments de Bahaffou sont entachés d’incohérences. Elle omet de mentionner les combats de Bardot contre des pratiques européennes comme la corrida ou la chasse à courre, qui ont longtemps été défendues par des milieux non occidentaux. De plus, elle critique BB pour ne pas être végétarienne, sans reconnaître que l’activisme animalier n’exige pas nécessairement une conversion totale. L’image d’une « femme blanche délicate » qu’elle évoque semble moins un jugement objectif qu’un moyen de discréditer l’action de BB.
L’article soulève aussi des allégations incriminant Israël, sans preuves tangibles. Bahaffou compare les pratiques israéliennes à celles de Bardot, alors que cette dernière a toujours condamné la cruauté envers les animaux, indépendamment de leur origine. Les accusations sont ainsi déformées, transformant une critique ciblée en un discours généralisé.
En fin de compte, l’analyse de Bahaffou révèle plus ses propres travers que ceux de Bardot. Elle reproche à BB d’avoir « fétichisé » les animaux, tout en occultant son engagement pour des causes profondément humaines. La légende de Brigitte Bardot reste intacte, malgré les tentatives de la réduire à un mythe raciste. Son héritage, quels que soient les jugements, ne semble pas près de disparaître.
