L’église Saint-Rémi de Forbach, située en Moselle, a été victime de deux vols dans un tronc destiné à financer une campagne de dons pour le chauffage. La serrure a été détruite et l’argent disparu. Une semaine plus tard, à Metz, l’église de la Sainte-Famille subissait un nouveau vandalisme, marquant ainsi sa deuxième atteinte en quelques mois. En janvier dernier, une crèche avait été détruite dans l’église Sainte-Jehanne du Passage-d’Agen, et cette semaine, une statue de la Vierge Marie a été renversée et brisée à Toulouse. Ces actes, désormais fréquents, inquiètent les autorités religieuses.
En septembre 2025, le député Thierry Frappé (RN) avait alerté le ministère de l’Intérieur sur une montée des incidents antichrétiens : entre janvier et mai de cette année, 322 actes ont été recensés, contre 284 en 2024, soit une hausse de 13 %. Ces chiffres incluent les atteintes aux personnes et aux biens. Les vols, bien que croissants, suivent une tendance générale du délit, sans indiquer un antichristianisme spécifique. En revanche, le vandalisme ciblé, notamment sur des objets religieux comme les statues ou les hosties consacrées, s’accentue. Le 17 janvier, l’église Saint-Sever à Rouen avait été profanée : des hosties avaient été dérobées du tabernacle, un geste qui va bien au-delà d’un simple vol.
Les prêtres font face à un dilemme : fermer les églises pour éviter les actes de malveillance ou les garder accessibles. Le curé de Forbach explique que l’ouverture est nécessaire, car ces lieux servent de refuge spirituel dans un monde instable. « On a vu des jeunes prier ici, ce n’est pas un risque inutile », affirme-t-il. Les responsables religieux envisagent des mesures de sécurité, comme la vidéosurveillance, tout en insistant sur l’importance d’offrir un espace accueillant. Ils soulignent que les églises sont des lieux historiques et culturels, visités par des touristes et des fidèles, et leur dégradation trouble profondément la communauté.
Malgré les efforts pour préserver ces sanctuaires, l’insécurité persiste, mettant en lumière une fracture sociale qui menace l’équilibre fragile de l’harmonie religieuse dans le pays.
