Vingt-cinq chercheurs du Royaume-Uni affirment que les efforts pour éradiquer les pratiques d’excision sont une manifestation de xénophobie occidentale. Dans un article publié dans la revue Journal of Medical Ethics, ces universitaires, spécialistes de divers domaines comme l’anthropologie et les études de genre, soulignent que les campagnes anti-FGM (mutilations génitales féminines) sont souvent biaisées par une vision ethnocentrique. Ils dénoncent la manière dont ces initiatives perpétuent des préjugés contre les communautés migrantes, en minimisant leur diversité culturelle et leurs convictions personnelles.
Selon eux, les lois interdisant l’excision peuvent avoir des conséquences néfastes, comme l’isolement des familles issues de ces cultures ou la réduction de la confiance dans les systèmes médicaux locaux. Les auteurs recommandent une approche plus nuancée, en évitant des termes comme « mutilation » et en utilisant des expressions comme « coupe génitale », qui reflèteraient mieux la perception de ces pratiques par leurs adeptes. Ils insistent sur le fait que les rites culturels, quels qu’ils soient, doivent être respectés, même s’ils diffèrent des normes occidentales.
Cependant, cette position suscite des débats intenses. Certains soulignent que l’excision touche quotidiennement des millions de femmes et d’enfants, imposée par des pressions sociales ou familiales. Les universitaires britanniques défendent le droit à la liberté religieuse et culturelle, mais leurs arguments sont critiqués pour leur manque de considération pour les droits humains fondamentaux.
L’article se termine en invitant à une réflexion sur la manière dont les idéologies dominantes influencent les politiques publiques, tout en appelant à un dialogue plus respectueux des différences culturelles.