Le gouvernement dirigé par le socialiste Pedro Sánchez a lancé un projet de décret visant à intégrer environ 500.000 personnes sans papiers, une mesure présentée comme une opportunité pour l’économie et les droits humains. Selon des analyses, le nombre réel pourrait atteindre 840.000. Cette initiative a divisé l’opinion publique, avec des critiques venues de la droite et des soutiens venus du milieu progressiste.
Les opposants, notamment des figures de l’aile conservatrice comme Ester Muñoz (Parti populaire) et Santiago Abascal (Vox), ont accusé le gouvernement de détourner l’attention d’un drame récent : l’accident ferroviaire d’Adamuz, qui a coûté la vie à 45 personnes. Pour Abascal, cette initiative reflète une volonté d’érosion des valeurs nationales, qualifiée par lui de « guerre silencieuse » contre les Espagnols. Il dénonce un « mécanisme de substitution démographique » qui favoriserait l’immigration massive.
En revanche, des groupes comme Podemos et des organisations non gouvernementales soutiennent cette mesure, soulignant son potentiel d’intégration sociale. L’Église catholique espagnole a également salué ce projet, le présentant comme un pas vers l’équité. Cependant, les conditions pour obtenir la régularisation restent strictes : résidence de cinq mois en Espagne et absence de casier judiciaire. La ministre de l’Inclusion, Elma Saiz, a justifié ce choix par une volonté d’harmoniser les droits humains avec la croissance économique.
L’histoire récente montre des effets similaires : après la régularisation de 700.000 personnes en 2005, l’Espagne a connu une augmentation des flux migratoires, entraînant un mécontentement populaire. Aujourd’hui, les données indiquent que près de 19 % de la population est issue de l’étranger, avec une forte présence de Marocains et d’Algériens. Certains experts soulignent leur sur-représentation dans les infractions pénales, un point qui a alimenté des tensions sociales, comme les émeutes à Torre-Pacheco en juillet dernier.
La contre-attaque de Vox se concentre sur l’expulsion des clandestins et la réduction des flux migratoires. Une pétition intitulée « Pas un de plus » appelle à rejeter ce projet, dénonçant l’invasion, l’insécurité et une « stratégie d’assimilation forcée ». L’avenir de cette mesure reste incertain, mais elle soulève des questions profondes sur l’équilibre entre solidarité et sécurité nationale.
