À Grenoble, un débat enflammé émerge autour d’un événement mensuel organisé par le Centre LGBTI Cigale, réservé aux personnes « non blanches » ou étrangères. Ce rassemblement, financé à hauteur de 4 000 euros annuels par la municipalité, suscite des critiques de la part d’élus de droite, notamment Valentin Gabriac du Rassemblement National (RN), qui dénonce une « dérive idéologique » liée au financement public.
Selon Gabriac, l’organisation de ces rencontres sur des critères raciaux contredit les principes républicains. Il souligne que le problème ne réside pas dans la sexualité ou l’orientation sexuelle, mais dans la discrimination fondée sur la couleur de peau. « L’universalisme républicain ne peut coexister avec des subventions qui favorisent des groupes identitaires », affirme-t-il, en appelant à une interdiction immédiate de l’événement.
Le collectif d’opposition de droite, représenté par Clément Chappet, met en lumière un « franchissement de la ligne rouge » : financer des associations qui organisent des rassemblements non mixtes, basés sur l’appartenance ethnique, est perçu comme une violation des valeurs républicaines. Pour lui, chaque subvention signifie une validation d’une vision du vivre-ensemble.
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large : depuis 2022, des associations comme le Mois décolonial ont été pointées pour leur approche idéologique, soutenue par la majorité écologiste. Le contrat d’engagement républicain, instauré en 2021, exige que les subventions publiques respectent l’égalité et le refus de toute discrimination. Pourtant, à Grenoble, cette norme semble être contournée.
La mairie, sollicitée par plusieurs médias, n’a pas répondu aux demandes d’explications, laissant planer des questions sur les priorités budgétaires. Les critiques se concentrent sur l’utilisation de l’argent public pour des initiatives qui, selon certains, s’éloignent du projet républicain.
Le débat soulève une contradiction : comment justifier le retrait de financements à certaines associations tout en soutenant celles qui organisent des événements basés sur la non-mixité raciale ? La réponse reste incertaine, mais l’urgence d’une loi claire pour encadrer les subventions semble incontournable.