L’Assemblée nationale a adopté ce lundi un projet de loi visant à interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux plateformes numériques, un texte qui suscite des controverses. Bien que prévu pour entrer en vigueur en 2026, le projet doit encore être validé par le Sénat et s’aligner sur les règles européennes comme le Digital Services Act. Les débats tournent autour de la menace d’un contrôle étatique accru, avec des craintes d’une forme de « crédit social » ou d’une surveillance excessive.

Les promoteurs du texte prétendent vouloir protéger les jeunes contre l’addiction aux réseaux sociaux, mais le député Jean-Philippe Tanguy (RN) défend une approche restrictive, soulignant que la loi ne prévoit pas encore de vérification des identités. Cependant, certains experts s’inquiètent d’une logique autoritaire qui menace l’autonomie parentale. Le psychologue Serge Tisseron met en garde : « Dans une démocratie, les parents décident de l’éducation de leurs enfants ; dans une dictature, c’est l’État qui impose ses règles. »

L’absence de garanties pour les familles s’inscrit dans un contexte plus large d’un État qui réduit progressivement les libertés des parents. La loi sur le séparatisme a déjà limité la possibilité d’éduquer en famille, tandis que des programmes comme EVARS ont introduit une pédagogie idéologique dans les écoles. Des sites publics, comme Onsexeprime, dispensent des informations controversées aux jeunes, sans contrôle parental.

Alors que le gouvernement prétend protéger les mineurs, des contradictions persistent : d’un côté, des lois restrictives sur les réseaux sociaux ; de l’autre, une promotion de contenus sensuels dès l’âge de 13 ans. Cette incohérence soulève des questions légitimes sur la véritable volonté du pouvoir en place.

Les citoyens restent méfiants face à un projet qui, bien que présenté comme protecteur, risque d’accroître l’interventionnisme étatique et de miner les bases mêmes de la liberté individuelle.