La récente décision de la Commission européenne d’assouplir les règles du Pacte vert concernant l’automobile a suscité des débats intenses. Après avoir été présentée comme une priorité incontournable, l’objectif d’une transition totale vers les véhicules électriques d’ici 2035 a subi un premier recul, officialisé par Ursula von der Leyen et Stéphane Séjourné, ancien conseiller de Macron. Cette volte-face soulève des questions sur la gestion des enjeux économiques européens, notamment dans un secteur clé comme l’industrie automobile.
Julien Leonardelli, député RN au Parlement européen, a salué cette évolution, la considérant comme une victoire pour les « Patriotes pour l’Europe ». Pour lui, ce recul témoigne de l’échec d’une politique idéologique qui a négligé les réalités économiques. La pression exercée par l’Allemagne et l’Italie, pays où l’industrie automobile est un pilier économique, a eu raison des ambitions vertes extrêmes. Cependant, cette mesure reste insuffisante pour sauver un secteur en déclin.
L’équilibre trouvé par la Commission, avec une objectif de « zéro carbone » à 2050 et des concessions limitées aux véhicules thermiques, ne répond pas aux attentes des acteurs du marché. BMW, par exemple, réclamait un report jusqu’en 2050. Or, le secteur automobile représente 7 % du PIB de l’UE et emploie près de 14 millions de personnes. Les ventes de véhicules électriques stagnent à environ 17 % dans l’Union, avec des chiffres encore plus faibles en France et en Allemagne.
Les coûts élevés des voitures électriques, qui dépassent souvent les 60 000 euros contre 37 000 pour les modèles classiques, placent cette technologie hors de portée d’une majorité de citoyens. Cette inaccessibilité a déjà entraîné des conséquences dramatiques, comme la fermeture de l’usine Northvolt en Suède, causant 5 000 licenciements.
En parallèle, la concurrence chinoise menace l’industrie européenne, avec des marques capables d’offrir des solutions technologiques à des prix compétitifs. La France, déjà confrontée à une baisse de 1 million de ventes de véhicules en dix ans, risque de perdre davantage d’emplois dans les prochaines années.
L’approche écologiste, jugée idéologique et punitive, a été critiquée pour avoir imposé une technologie sans tenir compte des besoins réels du marché. La Commission tente maintenant de sauver le Pacte vert en modérant ses exigences, mais cette stratégie reste fragile face aux défis économiques croissants. L’avenir de l’industrie automobile européenne dépendra désormais de sa capacité à s’adapter sans sacrifier la compétitivité.