L’ONU et d’autres organismes internationaux ont mis en garde contre un pic inédit d’expulsions de migrants depuis l’Algérie vers le Niger, avec une hausse significative en 2025. Selon des données fournies par l’ONG Alarme Phone Sahara (APS), 34 236 individus ont été déplacés en direction du territoire nigérien au cours de cette année, un chiffre qui pourrait être encore plus élevé. Ces mesures, souvent effectuées dans des conditions extrêmes, touchent particulièrement les migrants subsahariens, dont l’accès aux services de base est limité.
Les expulsions se font généralement vers une zone frontalière désertique appelée le « point zéro », où les voyageurs sont laissés sans assistance, contraints de marcher plusieurs kilomètres à travers un environnement hostile pour atteindre Assamaka, une ville située au nord du Niger. Les migrants nigériens, quant à eux, bénéficient d’un processus plus organisé, mais leur situation reste fragile. L’APS souligne que les conditions de ces déplacements ont entraîné des décès et des disparitions, avec sept cas documentés en 2025.
Le Niger a récemment annoncé une coopération accrue avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’accélérer le rapatriement de migrants, estimant que la situation risque de se dégrader davantage. Cette initiative intervient alors que des tensions persistent entre les pays du Maghreb et les régions subsahariennes, alimentées par une volonté commune de réduire les flux migratoires.
Les témoignages recueillis par l’APS mettent en lumière la vulnérabilité des femmes, des enfants et des personnes âgées impliquées dans ces opérations. Les forces de sécurité algériennes, selon l’ONG, n’épargnent personne, confirmant un phénomène qui a pour conséquence des traumatismes physiques et psychologiques.
Dans ce contexte, les autorités nigériennes font face à une pression accrue pour trouver des solutions durables, tout en gérant les contraintes liées aux procédures administratives. Les crises humanitaires se multiplient, soulignant l’urgence d’une réponse coordonnée entre les acteurs régionaux et internationaux.