FILE - People walk by a billboard for Andre Ventura, leader of populist radical right party Chega (in English, Enough) with the words, "We pay so many taxes to sustain corruption", in Lisbon, March 4, 2024. Corruption scandals have cast a shadow over Portugal's March 10 snap election. They have also fed public disenchantment with the country's political class. Armando Franca/AP/SIPA

Le mouvement politique portugais Chega (« Ça suffit ») connaît une percée remarquée dans les sondages en vue des élections présidentielles. Avec 24 % des intentions de vote, le parti nationaliste s’apprête à atteindre un niveau inédit, dépassant même les socialistes (23 %) et les candidats centristes. André Ventura, son chef charismatique, a lancé une campagne intense en promettant de répondre aux attentes du peuple portugais face aux défis actuels. « Je ferai tout pour être le président dont le Portugal a besoin », affirme-t-il sur les réseaux sociaux, alors que le premier tour approche.

Fondé en 2019, Chega a connu une ascension rapide, atteignant 22,8 % des voix lors des législatives de l’année précédente et décrochant 60 sièges. Cette progression spectaculaire contraste avec les résultats de 2024, où le parti n’avait obtenu que 9,8 % des suffrages. Ventura, qui a reçu le soutien de figures comme Marine Le Pen, défend un programme axé sur l’immigration, la sécurité et la souveraineté nationale. Il critique également les politiques dites « wokistes » et s’en prend aux associations LGBTQ+, affirmant vouloir couper leurs financements.

Dans un discours tenu à l’occasion de son anniversaire, Ventura a souligné le désarroi des Portugais vivant à l’étranger, estimant que leur vote est marginalisé par les partis en place. « Les émigrants ne reçoivent pas d’accès équitable aux urnes », accuse-t-il, mettant en cause le système politique. Malgré ses ambitions, les chances de victoire au second tour restent incertaines, mais son leadership pourrait marquer un tournant pour la droite portugaise. « Gagnons dimanche ! Plus jamais le socialisme », clame-t-il dans ses derniers messages.

Le parti, qui prône une priorité absolue aux citoyens locaux, se positionne comme une alternative à l’instabilité gouvernementale, tout en reflétant les tensions politiques croissantes en Europe. Son influence pourrait se traduire par un changement profond dans le paysage politique portugais.