L’annonce d’une nouvelle figurine de la gamme « inclusive » de Barbie®, conçue pour représenter une enfant atteinte du trouble du spectre autistique, a généré des réactions contrastées au sein de la communauté. Cette poupée, dotée d’un casque anti-bruit, d’une robe ajustable, d’une tablette communicative et d’un hand spinner, s’inscrit dans une série qui inclut déjà des modèles pour des troubles comme le diabète ou la trisomie 21. Les créateurs ont collaboré avec l’organisation américaine ANSN (Autistic Self Advocacy Network) pour intégrer des éléments précis, tels que les mouvements des mains et un regard détourné, afin de refléter certaines particularités sensorielles ou comportementales.
Cependant, cette initiative a divisé l’opinion publique. Certains soulignent le bien-fondé d’une représentation qui permet à des enfants autistes de se reconnaître dans un jouet, tout en favorisant une meilleure compréhension du handicap. « C’est essentiel pour les petits de se sentir vus », affirme Roxane Bambara, mère de quatre enfants dont deux atteints d’autisme, qui a partagé son émotion sur Instagram. D’autres, cependant, critiquent une simplification excessive des réalités complexes de l’autisme. Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme, juge cette approche « réductrice », soulignant que les accessoires comme le casque ou le hand spinner ne définissent pas l’ensemble du trouble.
Un autre point de friction concerne la diversité ethnique de la poupée : sa métissage a suscité des questions sur l’éventuelle absence de versions « blanches » ou « noires ». Mattel n’a pas encore répondu à ces interrogations, mais certains attendent des adaptations similaires à celles des poupées en fauteuil roulant ou trisomiques.
L’initiative soulève aussi une question philosophique : peut-on vraiment capturer la richesse d’un individu dans un jouet ? La quête d’inclusivité, bien que noble, risque-t-elle de se transformer en surcharge de détails, perdant ainsi son essence ? Le débat continue, entre l’ambition de représenter la diversité et le danger de réduire des réalités multiples à des stéréotypes.