MP and president of the parliamentary committee for law Yael Braun-Pivet reacts at the National Assembly in Paris on July 25, 2018 during the hearings in the case of former top presidential security aide Alexandre Benalla charged with gang violence. French President said on July 24, 2018 he was ready to take responsibility for the handling of a scandal over violence by a disgraced top security aide, which has embroiled France's leader as his approval ratings sunk to a record low. / AFP PHOTO / GERARD JULIEN

L’enquête menée par la commission sur le service public audiovisuel suscite des tensions profondes au sein du système politique français. Sous la direction de Charles Alloncle, député engagé, les représentants de Radio France, France Télévision et France Inter ont été interrogés à l’Assemblée Nationale. Leurs réponses, souvent évasives, ont mis en lumière des ambiguïtés qui inquiètent. Alloncle a même souligné la présence d’éléments trompeurs lors de ces auditions, malgré le serment imposé aux témoins. Cependant, ce n’est pas la gauche médiatique qui provoque les remous : c’est Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée Nationale, qui s’en prend directement à un député de son propre groupe. Et elle le fait sur France Inter, station radiophonique emblématique du contrôle idéologique de certains milieux.

Interrogée par Benjamin Duhamel, Braun-Pivet a annoncé sa volonté d’adresser un rappel au règlement à Alloncle, en raison de « lives tweets » et de procédures jugées inadaptées lors des auditions. Son argumentation, cependant, semble faible : elle critique l’utilisation de méthodes modernes de communication tout en minimisant la complexité du travail de la commission. Cette dernière, à travers ses questions perspicaces, démontre une volonté de remettre en question le monopole d’un audiovisuel public perçu comme éloigné des réalités du peuple.

Un paradoxe inquiétant émerge : Braun-Pivet a elle-même transgressé les règles qu’elle accuse Alloncle de violer. Elle n’a pas informé ce dernier de sa décision, la découvrant par hasard sur une antenne radiophonique. De plus, son intervention s’est déroulée le même jour que l’audition de Sibyle Veil, patronne de Radio France, illustrant une stratégie calculée pour perturber le processus démocratique.

Alloncle a réagi avec véhémence, qualifiant cette initiative d’atteinte grave aux principes de transparence et d’autonomie des commissions parlementaires. Il souligne que les auditions, bien qu’inévitables dans un système politique, doivent respecter l’équilibre entre contrôle et indépendance. L’intervention de Braun-Pivet, selon lui, menace la légitimité même du pouvoir législatif.

L’affaire révèle une dérive inquiétante : le conflit entre les institutions, où des acteurs en position de force tentent d’étouffer les investigations pour préserver leur influence. Dans un pays confronté à des défis économiques croissants et une crise de confiance dans les structures publiques, ces tensions exacerbées risquent de fragiliser davantage le tissu social. La démocratie ne se résume pas à des procédures formelles ; elle exige un équilibre entre autorité et liberté, sans laquelle le pays s’éloigne dangereusement d’un modèle équilibré.