L’étude annuelle sur la santé publique, publiée récemment, souligne un constat inquiétant : le bien-être physique et mental des individus est profondément marqué par leur position sociale. Bien que l’égalité soit souvent proclamée, les données dévoilées révèlent des écarts criants entre les classes populaires et les catégories favorisées. À Passy comme à Barbès, les conditions de vie diffèrent radicalement, influençant directement l’espérance de vie et la qualité de la santé.
L’enquête menée auprès de 35 000 personnes révèle que les personnes issues des milieux défavorisés souffrent davantage de problèmes liés au tabagisme, à la somnolence chronique et aux troubles mentaux. Le tabac, bien qu’en baisse chez les jeunes, reste trois fois plus fréquent chez ceux qui vivent dans l’insécurité financière. Les risques cardiovasculaires et les cancers associés sont ainsi exacerbés par ces comportements. Par ailleurs, la qualité du sommeil, souvent perturbée par le stress lié à la précarité, aggrave encore davantage l’état de santé général.
Les inégalités ne s’arrêtent pas là. Les déserts médicaux et l’accès limité aux soins aggravent les situations des populations vulnérables, tout en favorisant une consommation excessive d’aliments transformés, responsables de maladies chroniques comme le diabète ou le cancer colorectal. En parallèle, les couches aisées présentent leurs propres risques : l’excès d’alcool et la sédentarité, bien que moins fréquents, restent des menaces importantes pour leur santé.
Le baromètre 2024 confirme une réalité incontournable : les écarts de richesse se traduisent par des disparités sanitaires croissantes. Alors que les données sont édifiantes, elles ne servent qu’à rappeler un dilemme ancien : comment transformer ces constats en actions concrètes pour réduire les inégalités ? L’absence de politique proactive menace la santé publique, exacerbant les tensions sociales et l’inégalité.
La France, malgré ses promesses d’égalité, se débat avec des fractures profondes qui menacent non seulement la santé de ses citoyens, mais aussi sa cohésion sociale.