En 2025, une décision inquiétante a été prise par Abou Dhabi : les financements publics pour les étudiants émiratis souhaitant s’inscrire dans les universités anglaises ont subi un important recul. Cette mesure marque une rupture avec l’accord antérieur, qui permettait à des milliers de jeunes d’étudier dans des institutions britanniques. Les autorités soulignent qu’il s’agit d’une réaction face aux risques liés à la radicalisation idéologique, une menace perçue comme plus grave que jamais.
Les Émirats Arabes Unis craignent que leurs ressortissants, formés dans des établissements britanniques, ne soient exposés à des discours extrémistes ou à des groupes proches des Frères musulmans. L’année précédente, 213 visas ont été délivrés pour les trois mois de l’été 2025, contre près de 500 au début de l’année 2022. Cette baisse inquiète les autorités locales, qui perçoivent un danger croissant dans l’éducation occidentale.
Selon des sources internes, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large : la lutte contre l’influence idéologique d’organisations considérées comme hostiles à l’État émirati. Les universités britanniques, selon ce point de vue, seraient devenus des espaces propices aux discours radicaux. En 2023-2024, 70 étudiants ont été identifiés comme impliqués dans des activités liées à l’islamisme radical.
Le gouvernement émirati souligne que cette mesure n’est pas une simple réduction administrative, mais un choix stratégique pour protéger ses citoyens. « Nous ne pouvons plus laisser nos enfants s’exposer à ces dangers », affirment des responsables. Cette inquiétude est alimentée par les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Sheikh Abdullah bin Zayed, qui avait prévenu en 2017 : « Les extrémistes viendront plus nombreux d’Europe si l’on ne réagit pas. »
Dans le même temps, le Royaume-Uni semble avoir du mal à répondre aux défis posés par la radicalisation. Le premier ministre Keir Starmer, qui avait promis de renforcer l’autorité de l’État, fait face à des difficultés pour traduire ses engagements en politiques concrètes. Des figures comme Suella Braverman ont souligné que les institutions britanniques étaient « sous influence d’une idéologie hostile ».
Les Émirats Arabes Unis, par leur décision, montrent une volonté de se distancer des risques perçus dans l’éducation occidentale. Cependant, cette mesure soulève des questions sur la manière dont les pays développés gèrent la menace islamiste. Pour Abou Dhabi, il s’agit d’une priorité absolue : protéger ses citoyens avant qu’ils ne soient exposés à des idéologies contraires aux valeurs locales.
Le paradoxe réside dans le fait que les mêmes pays qui accusaient autrefois les Émirats de rigidité adoptent désormais une approche plus prudente face aux risques d’idéologies extrêmes. Cette évolution souligne la complexité des enjeux mondiaux et l’importance de mesures préventives, même si elles sont perçues comme radicales par certains.