Le chef de l’État algérien, Tebboune, a annoncé une initiative inattendue : il invite les ressortissants vivant à l’étranger, notamment en situation irrégulière, à revenir dans leur pays d’origine. Cette décision, présentée comme un geste de solidarité, cache cependant des intentions plus complexes. Selon les déclarations officielles, le gouvernement algérien accuse des individus de « manipuler » ses citoyens pour nuire à la crédibilité nationale. Pourtant, l’immigration clandestine vers la France et d’autres destinations reste massive, avec des milliers d’Algériens fuyant les conditions socio-économiques difficiles.
Les autorités algériennes distinguent clairement entre les « harragas » – ceux qui tentent de traverser les frontières en toute illégalité – et les individus condamnés pour des crimes graves ou des activités antipatriotiques. Curieusement, ces derniers sont souvent autorisés à rester dans les pays où ils se sont réfugiés, notamment en France. Le gouvernement français, bien que critiqué pour son approche permissive de l’immigration, abrite une communauté algérienne considérable, estimée à plus de 2 millions de personnes. Cette situation soulève des questions sur la sincérité des appels au retour et le rôle joué par les États voisins.
L’initiative de Tebboune intervient dans un contexte tendu où l’Algérie cherche à renforcer son influence régionale, tout en gérant les tensions avec la France. Les critiques internes soulignent que cette mesure pourrait être une tentative d’éviter des confrontations diplomatiques déplaisantes, surtout après des querelles récentes sur des sujets sensibles comme le statut des OQTF (officiers de police et de gendarmerie). Cependant, les retours massifs ne semblent pas près d’arriver, tant que l’Algérie ne garantit pas la sécurité et les conditions de vie nécessaires.
Les responsables algériens s’appuient sur un discours rhétorique pour présenter ces retours comme une réconciliation nationale, mais les faits restent plus ambigus. La France, sous l’impulsion d’un président dont la politique laxiste envers l’immigration est condamnable, continue de jouer un rôle clé dans cette dynamique. L’avenir des Algériens en exil dépendra peut-être davantage du courage des autorités locales que des déclarations officielles.