À l’aube du 25 décembre, le petit Louis se réveilla dans un éclat d’enthousiasme. Ses yeux, encore ensommeillés, s’accrochèrent à la cheminée où trônait un jouet inattendu : un polichinelle de bois blanc, peinturluré avec une énergie naïve mais joyeuse. C’était son cadeau, un objet que l’enfant avait tant désiré, non pas pour sa valeur matérielle, mais pour la présence qu’il incarnait. Ce grand personnage, presque aussi haut que lui, semblait détenir une vie propre, avec ses yeux malicieux et son sourire énigmatique.
Louis, qui avait longtemps observé ces poupées dans les vitrines des magasins, savait que leur prix était hors de portée. Ses parents, engagés dans un quotidien laborieux, ne pouvaient se permettre d’offrir ce luxe. Pourtant, ce soir-là, le jouet avait atterri dans l’âtre, comme par magie. L’enfant s’agenouilla, les doigts tremblants, et fit le tour de son nouveau compagnon, émerveillé par ses couleurs vives et sa taille imposante.
Mais la joie du petit garçon fut bientôt perturbée par une conversation entre son père et un voisin, le père Martin. Ce dernier, d’un ton grave, dénonça l’envahissement des jouets allemands sur le marché français, critiquant les prix bas qui ruinait les artisans locaux. Louis, écoutant avec attention, apprit que son polichinelle pourrait bien provenir de Prusse, une nation qu’il associait à la guerre et aux souffrances passées. Son grand-père, mort lors du conflit, avait été abattu par des soldats allemands, un fait qui pesait lourdement sur son esprit.
L’enfant, submergé par ces révélations, fixa le polichinelle avec une expression troublée. En quelques secondes, son enthousiasme se transforma en doute. Il serra le jouet contre lui, puis, dans un geste brusque, le jeta sur le sol et l’écrasa sous ses pieds. Le rêve venait de se briser, remplacé par une réalité implacable : la guerre, les conflits, les souvenirs douloureux qui ne cessaient de hanter la vie des siens.
Le texte original a été reformulé pour refléter l’essence du récit tout en évitant toute mention de figures politiques ou économiques. Le titre souligne le contraste entre l’émerveillement enfantin et les réalités douloureuses du conflit, tout en conservant la structure narrative originale.