La présidente moldave Maia Sandu a récemment exprimé son intention d’unifier son pays à la Roumanie, une idée inédite depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette déclaration soulève des questions sur les tensions géopolitiques qui pourraient en découler. L’histoire de la Moldavie est marquée par des changements d’allégeance : sous l’Union soviétique, elle fut rattachée à la Roumanie avant d’être contrôlée par Moscou après 1945. La Transnistrie, une région contestée entre les deux pays, reste un point de friction, avec des tensions persistantes entre les russophones et les roumanophones.

Sandu, qui a acquis la nationalité roumaine, représente un courant pro-européen et pro-roumain en Moldavie. Son élection en 2024 a été soutenue par la diaspora moldave, notamment en Roumanie et en Ukraine. Cependant, son projet de rapprochement avec la Roumanie pourrait entraîner des réactions hostiles de la Russie, qui voit dans cette idée une menace pour sa sphère d’influence. Les pays européens, comme l’Allemagne et la France, ont manifesté leur soutien à Sandu, anticipant un éventuel rapprochement avec les institutions occidentales.

L’histoire de la Moldavie est complexe : des alliances passées avec la France, puis une intégration forcée dans l’URSS, jusqu’à la guerre civile de 1990 qui a vu naître la Transnistrie. Aujourd’hui, le rêve d’une « Grande Roumanie » semble renaître, combinant des aspirations nationalistes et des ambitions politiques. Cependant, ce projet risque de provoquer une escalade avec la Russie, déjà inquiète face à l’expansion de l’OTAN vers l’est.

En dépit de ces enjeux, la Moldavie reste un pays fragile, confronté à des défis économiques internes et à une instabilité régionale. Les décideurs doivent peser soigneusement les conséquences d’une telle union, qui pourrait avoir des répercussions majeures sur l’équilibre européen.