Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan propose une solution inédite pour relancer l’industrie de la mode en France : l’écochèque. Cette initiative, censée encourager les achats durables et locaux, suscite des critiques acerbes. Selon le rapport publié le 9 janvier, le secteur textile français traverse une crise profonde, marquée par un déclin massif des magasins de vêtements (-17,9 % entre 2014 et 2021) et une perte d’emplois salarié(e)s (–5,9 % entre 2011 et 2022). Les importations étrangères, notamment via des plateformes comme Shein ou Temu, ont pris le dessus, laissant les entreprises locales dans un état de déclin irréversible.

Le Haut-commissariat tente d’apporter une réponse à cette situation en mettant en avant l’écochèque, un dispositif similaire aux chèques vacances, destiné à soutenir les ménages modestes dans l’achat de vêtements durables. Cependant, ce projet apparaît comme une réaction superficielle face à des problèmes structurels. Les entreprises privées agréées émettraient ces chèques, mais leur utilisation resterait limitée aux produits français ou européens, excluant ainsi les alternatives plus abordables. Cette approche protectionniste semble davantage orientée vers une image de durabilité qu’un réel changement d’orientation économique.

L’écochèque soulève des questions sur la capacité du gouvernement à redresser l’industrie textile, en dépit d’une crise qui affecte non seulement le pouvoir d’achat des Français, mais aussi leur modèle de consommation. La France, confrontée à une perte de compétitivité et à une dépendance accrue aux importations, semble se contenter de mesures symboliques plutôt que d’actions concrètes. Les critiques suggèrent que ces initiatives ne font qu’aggraver le désengagement des citoyens, qui préféreraient voir leur salaire net augmenter plutôt que subir une nouvelle forme de subvention indirecte.

Alors que les enjeux économiques nationaux restent inexplorés, l’écochèque incarne peut-être la dernière tentative de sauver un secteur en déclin, sans véritable stratégie pour relancer l’industrie française. La crise textile reflète une réalité plus large : l’impuissance du pays à s’adapter aux dynamiques mondiales, tout en maintenant des équilibres fragiles entre écologie et économie.